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Presse nationale 2006

4.000 pour fêter la doyenne

Jogging International n°265 - Novembre 2006 - S.D.
 

Le temps gris n'a pas entamé la bonne humeur des coureurs et du public venus en nombre exceptionnel pour fêter le 100ème anniversaire de la doyenne française des ville à ville.

 
Il était une fois, 60 coureurs et 200 cyclistes qui s'élançaient entre Sedan et Charleville. C'était en 1906. À cette époque, la course à pied était encore une histoire de passionnés se lançant des challenges dans la plus parfaite intimité.
Aventure d'un jour ? Pas vraiment, puisqu'en ce 1er octobre 2006, les organisateurs fêtaient le 100ème anniversaire de leur épreuve. L'Histoire de France et du monde se mêlant évidemment à l'histoire de la course, il faudra encore attendre quelques années pour fêter la centième édition (il n'y eut pas de course durant les deux guerres mondiales).
N'empêche, Sedan-Charleville est bien la plus ancienne des courses ville à ville de France, et l'on tenait à fêter dignement cette centenaire.
 
Les organisateurs avaient gonflé le budget des animations avec des orchestres œuvrant sur le parcours et organisé un relais fort sympathique.
100 femmes débutantes, n'ayant jamais pris de dossard et ayant pris leur première licence fédérale, parcouraient les 24,3 km séparant Sedan de Charleville-Mézières en relais. Soit des équipes de quatre s'élançant pour 6 km et des poussières... chacune. Dans la bonne humeur et un plaisir se lisant sur les visages, elles ont ainsi découvert la vie dans les pelotons, sur une course vraiment pas comme les autres. Pour celles et ceux qui ne connaissaient pas, cette épreuve fut l'occasion d'apprécier à sa juste valeur la chaleur des Ardennais.
Malgré le temps incertain et même des averses durant la première demi-heure de course, ils étaient des milliers sur le bord des routes, dans chaque village, dans les parties plus difficiles, devant chaque maison. Jeunes et moins jeunes donnaient de la voix et se massaient au plus près de la route pour encourager les plus de 4.000 inscrits s'exprimant sur un parcours difficile.
Des cyclistes se mêlaient, comme le veut la tradition de Sedan-Charleville, aux coureurs à pied. Des cyclos enthousiastes qui formaient parfois sur le bas-côté de véritables haies d'honneur. Le vélo dans une main, ils étaient tous prêts à enfourcher leur « bécane » pour suivre un membre de leur famille ou un ami en difficulté. Car ici, les côtes et faux plats montants se succèdent. Souffle court, silence dans le peloton sont souvent de mise, pour gérer au mieux son effort.
En tête, bien sûr est-on tenté de dire, l'armada Kenyane imprime le rythme, personne ne peut suivre sauf chez les femmes. Dans les foulées de spécialistes africaines, la Française Noémie Flotté, 26 ans, leur tient tête. L'an passé, elle était déjà là, elle connaît donc le parcours et surtout, elle est chez elle.
« Je ne savais, pas trop où j'en étais car j'ai abandonné, malade, lors des championnats de France de semi-marathon le 16 septembre dernier. J'ai voulu néanmoins tenter ma chance. L'essentiel était de bien s'abriter du vent et de m'accrocher. J'ai cru que j'avais une chance de l'emporter lorsque l'une des Kenyanes a lâché et que j'ai pu placer une attaque mais à trois kilomètres de l'arrivée, Elisabeth Chelagat est passée et je n'ai pas pu la reprendre. Ce n'est pas grave, j'ai fait un bon chrono et une bonne place » commente tout sourire la jeune femme qui termine deuxième en 1h29'53s (son record personnel sur semi est de 1h15'30s en 2003).
Dans ce stade de Charleville, chacun l'acclame et tous les coureurs savourent ces derniers instants de course. Le public n'oublie personne même si les locaux ont droit à un traitement de faveur et une véritable ovation.
Noémie Flotté (AS Sommer) est parvenue à faire jeu égal avec les Kenyanes
Sedan-Charleville est indiscutablement une grande classique de la course à pied avec son organisation parfaite, une ambiance incroyable, des particularités et un parcours sélectif à souhait.
Philippe Savry, 47 ans, 1h41, habitant Fere-Champenoise participait à son 3ème Sedan-Charleville.
« C'est vraiment dur, mais avec un tel public on termine en trombe, heureux, sur un nuage. C'est énorme comme sensation. La présence de tous ces vélos est aussi exceptionnelle, ça donne un caractère particulier à la course ».
Dominique Moncuit, 49 ans, court depuis dix ans, et s'alignait pour la 8ème fois. « Pour rien au monde je n'oublierais de m'aligner sauf sur blessure. C'est un rayon de soleil dans le monde de la course à pied et ce quelle que soit la météo ». Une conclusion parfaite.

Presse régionale 2003

Epatant

 

L'Ardennais du Lundi 7-oct 2002 - Sylvain Pohu
Contrairement aux années précédentes, le soleil avait boudé le Sedan-Charleville hier. Le
vent et même quelques gouttes sont venus perturber la course. Notamment celle au record.
Les Kenyans, les deux Julius, Rotich et Maritim, sont tout de même parvenus à 
descendre sous les 1h14' en restant à distance respectable de la meilleure marque 
établie en 1998 par leur compatriote Ondieki (Julius de son prénom, tiens, tiens.)
en 1h11'46.
Mais ce temps maussade n'est pas du genre à décourager un Ardennais. Ils étaient encore
plusieurs milliers à encourager les TGV kenyans, les meilleurs coureurs régionaux ou
tout simplement un de leurs proches qui avait, comme chaque année d'ailleurs,
chaussé les baskets pour rallier la cité de Charles de Gonzague.
Même si la foule semblait moins dense dans les rues de Charleville pour l'arrivée,
notamment la remontée du cours Briand, les points stratégiques que sont Pont-à-Bar,
 Flize et Villers-Semeuse étaient une nouvelle fois noirs de monde.
A certains endroits, le goulot formé par les spectateurs se resserrait pour porter les
coureurs. Ce qui faisait dire à Laurence Fricotteaux, 4e féminine hier au Petit-Bois et
habituée de la classique ardennaise : « Cette course m'épate. Ca sent par endroit le Paris-
Roubaix. Sauf qu'il manque les pédales. Même si aujourd'hui j'aurais bien aimé les avoir ».
Paris-Roubaix, Tour de France : Sedan-Charleville ne manque pas de déclencher les
comparaisons. Et chaque année, c'est la même rengaine. Ce qui veut bien dire que sa
réputation n'est franchement pas usurpée.


Les Kenyans inscrits en force

L'ardennais du vendredi 4-oct 2002 - Sylvain Pohu. La 82e édition de Sedan-Charleville, la doyenne des courses ville à ville en France, sera dans la lignée des précédentes.
Si les vainqueurs de l'an passé, le Marocain Kamel Saaidou et Chantal Dallenbach, ne seront sûrement pas sur la ligne de départ dimanche à 14 heures avenue Philippoteaux à Sedan, les prétendants à la victoire et à une course rapide ne manqueront pas.
Julius Rotich l'épouvantail
Pour le moment, alors que les organisateurs ont dépassé la barre des 3.200 inscrits, quelques noms aux solides références sur semi-marathon ont d'ores et déjà donné leur accord. Les Kenyans Julius Rotich - vainqueur ses deux dernières années de la terrible classique Marjevol-Mende - le dernier engagé en date, Julius Maritim, 4e de la classique bretonne Auray-Vannes cette année, et Cheruiyot, valent tous 1h01' sur la distance. Leur compatriote Victor Kigen affiche lui un meilleur chrono à 1h02'.
Les Kenyans vont-ils reprendre leur domination entamée en 1994 et seulement interrompue en 1996 (par le Marocain Aït-Zouri), 1999 (le Tanzanien Rhamadani) et donc 2001 par un autre Marocain Kamel Saaidou ? Ce n'est pas du goût de Betchim (Algérie), Baladi, Krestianinov, le Russe de Fourmies, et Mesbah, le Marocain 5e l'an passé au stade du Petit-Bois, qui espèrent contrarier les plans des coureurs venus des hauts plateaux.
Du côté des féminines, deux athlètes valent moins de 1h10' au semi-marathon : les Roumaines Iulia Negura et Luminita Gorgilea ont effectivement des records à respectivement 1h08' et 1h09'. La bagarre s'annonce donc très serrée chez les femmes également.


Sur un rythme africain

L'ardennais du samedi 5-oct 2002 - Sylvain Pohu. Le jour J est arrivé. Demain, à 14 heures, plus de 3.200 concurrents vont s'élancer pour la 82e édition de Sedan-Charleville, la plus ancienne des courses de ville à ville en France.
Les uns (la plupart) pour concrétiser leur préparation et entrer dans une fourchette de temps qu'ils se sont fixée. D'autres (beaucoup moins nombreux) pour accrocher leur nom au palmarès de l'épreuve.
Et, une nouvelle fois, les prétendants à la victoire ne manquent pas. Les Kenyans Julius Maritim, Victor Kigen, Julius Rotich, Elijha Nyabuti et Barnabas Cheruiyot ne se sont pas manifestés pour découvrir le vert paysage ardennais.

Les Kenyans logiquement favoris

Les cinq athlètes venus des hauts plateaux affichent à l'heure du départ un record identique à quelques secondes près sur la distance inférieure de référence, le semi-marathon : 1h02 voire même un peu moins. Ce qui veut dire qu'ils ne vont pas se gêner pour imposer un train d'enfer dès les premiers kilomètres des 24,3 à parcourir.
S'il faut vraiment dégager un favori, le palmarès de Elijha Nyabuti semble parler en sa faveur : il est en effet le double dernier vainqueur de la classique Marjevol-Mende, une des plus exigeantes de l'hexagone où bien souvent les meilleurs représentants français ont bien du mal à rentrer dans le top 10.
Mais Julius Maritim, Barnabas Cheruiyot et Julius Rotich ne vont pas s'avouer vaincus aussi facilement. Eux aussi ont prouvé qu'ils avaient du répondant. Maritim n'a-t-il pas pris la 4e place du dernier semi-marathon Auray-Vannes, une course également très accidentée ?
Mais peut-être aussi que leur compatriote Victor Kigen viendra mettre son grain de sel et régler tout le monde. Encore faut-il que ces cinq athlètes n'aient pas non plus trouvé une épreuve plus lucrative entre-temps et ne se présentent pas à Sedan. Ca arrive souvent ! Et hier soir, Jean-Marie Baudoin, le président de Courir en Ardenne, n'avait toujours pas eu la confirmation de l'arrivée de leur train. Méfiance donc !
Leur éventuelle absence pourrait alors faire le bonheur de l'Algérien Nordine Betchim, vainqueur du semi-marathon de la Grande-Motte cette année, Mustapha Baladi ou encore du Marocain Abdel Mesbah, 5e en 2001 au Petit-Bois, qui rêve sûrement de succéder à son compatriote Kamel Saaidou, le lauréat de l'an passé en 1h14'29. Ou à un autre, engagé de dernière minute. Sait-on jamais !
Alexandre Krestianinov, le Russe de Fourmies et ancien sociétaire de l'ASPTT Charleville, n'a pas non plus rendu les armes avant l'heure. 4e l'an passé, en forme en ce moment, il n'aspire qu'à améliorer son classement.

Fétizon et les Roumaines

Pascal Fétizon sera lui la meilleure chance française. En l'absence du Nordiste Mickaël Dufermont, blessé, 7e et premier Français l'an passé dans la foulée du Rémois Jawad Annour, le vétéran châlonnais, récemment sacré champion d'Europe du 100 km, ne lâchera rien comme à son habitude.
Du côté des féminines, les deux Roumaines Iulia Negura et Luminita Gorgilea ont bien téléphoné à l'organisation pour lui donner leur heure d'arrivée en gare de Charleville. Elles seront donc logiquement les deux favorites. Car elles présentent sur leur curriculum vitae un record de respectivement 1h08 et 1h09 sur semi.
A moins que là aussi une engagée de dernière heure ne vienne modifier la donne. Laurence Fricotteaux et Tatiana Bultot sont d'ores et déjà condamnées à suivre la bagarre pour la victoire de loin.


L'or noir

L'ardennais du lundi 7-oct 2002 - Sylvain Pohu. Les Kenyans Julius Rotich et Julius Maritim ont dominé hier le 82e Sedan-Charleville. Victoire Roumaine chez les féminines.
S'il a fallu attendre les derniers mètres pour savoir qui de Julius Rotich ou de julius Maritim allait remporter la 82e édition de Sedan-Charleville, ce ne fut pas si long pour comprendre que c'était un Kenyan qui inscrirait son nom au palmarès de la plus ancienne classique française de ville à ville.
En effet, alors que peu après le 1er kilomètre atteint en 3'15, pas beaucoup moins (c'est-à-dire un départ relativement lent), un groupe de dix coureurs se détachait du reste de l'imposant peloton (3.475 inscrits cette année, 3.233 à l'arrivée, nouveau record bien sûr) avec Betchim, les deux Cheruiyot (Barnabas et Richard), Rotich, Mesbah, Annour, Maritim, Krestianinov, Nyabuti et enfin Guibon.

A 3 minutes au kilo

Le Rémois Annour était le premier à lâcher prise dès le premier raidillon, Guibon et Krestianinov s'accrochant tant bien que mal au train mené par les fusées africaines. S'étant débarrassé également de Mesbah et d'un des Cheruiyot (Richard), Rotich, Maritim, Barnabas Cheruiyot, Nyabuti et Betchim filaient à toute allure vers le 15e kilomètre finalement atteint en 15'11.

Nyabuti décroche et abandonne

Betchim ne pouvait pas longtemps s'accrocher aux basques et au rythme de « 3'au kilo » imposé par les coureurs venus des hauts-plateaux. Après dix kilomètres de course parcourus par Maritim, Rotich, Nyabuti et Cheruiyot en moins de 30' (29'57 exactement), la différence était déjà largement faite. Le quatuor kenyan passait effectivement avec 56" d'avance sur Betchim, Krestianinov, Mesbah et R.Cheruiyot, 1'36 sur Guibon, solitaire depuis le deuxième kilomètre, et déjà plus de deux minutes sur Annour. Fétizon, parti prudemment passant lui à trois minutes des hommes de tête.
Bien calées à l'intérieur d'un peloton de neuf hommes, les deux premières féminines, les Roumaines Negura et Gogirlea, pointaient en 35'20.
A l'entrée de Chalandry-Elaire, peu avant le 15e km, Maritim sentait l'appel du large et décidait de secouer ses trois compagnons d'échappée. Cheruiyot perdait pied. Nyabuti, double vainqueur de Marjevols-Mende s'accrochait avant de complètement sombrer et même de finir par abandonner.
La victoire allait donc se jouer entre Maritim et Rotich. Le premier nommé allait-il payer ses efforts face au vent ? Ou bien était-il vraiment le plus costaud pour faire la différence dans les rues de Charleville ? Après être passés en 1h00'36 au 20e kilomètre, les deux hommes fonçaient vers la ligne d'arrivée. Sans pouvoir inquiéter le record d'Ondieki (1h11'46). .

Negura contrôle

Mais tout de même plus vite que le Matocain Karnel Saaidou, vainqueur l'an passé en 1h14'29. Finalement Rotich avait raison de Maritim dans les derniers mètres. En 1h13'43 contre 1h13'46 à son compatriote.
Derrière, B.Cheruiyot conservait sa 3e place. Guibon, vainqueur de la dernière corrida de Glaire. terminait 8e et premier Français. le Nordiste Cousin 9e et premier vétéran. Annour 10e et premier Champardennais et enfin Philippe Deville 13e et premier Ardennais.
Du côté des féminines, comme annoncé, les deux Roumaines Julia Negura Olteanu et Luminita Gogirlea n'ont eu aucune difficulté à contrôler la course. Bien à l'abri dans un groupe d'hommes, elles ont tracé la route, Negura Olteanu l'emportant en 1h27'01 (plus vite que Chantal Dallenbach l'an passé vainqueur en 1h27'58) alors que Gogirlea terminait en 1h28'28.


Ces merveilleux fous courants

L'ardennais du lundi 7-oct 2002 - Philippe Outeiro.

Presque 3.500 au départ

Une poignée de « cadors » à l'affût du chrono - et de la prime - et une meute de « Monsieur tout le monde » (et madame !) pour qui Sedan-Charleville est bien plus qu'une course à pied, quelque chose qui a tout de la messe pour « bouffeurs de butime », une épreuve d'honneur et de fierté, un pèlerinage depuis plus de quatre-vingts ans, 24,3 kilomètres d'une chanson pour les pieds. Une ritournelle jusqu'à plus soif. Et à tue tête !
Oublions l'épreuve d'en haut quasi invisible pour l'essentiel des participants pour saluer cette France du « bas du pavé » qui sans velléité de « Raffarinade » était dans la rue hier après-midi. S'il fallait être fou en 1906 pour être du lot des quarante ayant fait le pari d'user leurs semelles entre les deux cités ardennaises, il faut bien l'être encore un peu aujourd'hui pour entretenir cette tradition.

« Ne pas se laisser embarquer »

D'ailleurs, avenue Philipoteaux, hier entre 13 et 14 heures, c'était un véritable ballet de camisoles, les concurrents s'enveloppant pour se réchauffer dans des sacs poubelles qui donnaient au troupeau des allures de manchots sautillants aux abords de la ligne de départ.
Il faut dire que le vent était plutôt frisquet dans un ciel très incertain. Mais pas de quoi décourager les partants ni leur ôter le sourire.
La Sedan-Charleville pour qui aime courir, c'est à faire au moins une fois dans sa vie de coureur amateur et on sent que si le défi n'est pas toujours dans les jambes il est très présent dans les cœurs et dans l'orgueil des participants. « On fait ça uniquement pour le plaisir » résume l'un des anonymes « ce qu'il faut c'est pas se laisser embarquer parce qu'après dans les trois dernières côtes, on est cuits ».
La gloire, c'est de finir, la médaille c'est l'applaudimètre dans chaque hameau, chaque carrefour traversé qui témoigne du succès populaire, avec un final dans les rues de Charleville comme une haie d'honneur jusqu'au stade du petit bois.

Héros d'un jour

Et là, croyez-le, celles et ceux, inconnus de toutes les tablettes des courses sur routes, les « Tata Puce », « Gamin », les « Quéqué » les « Doudou », les « Papa Laurent » ignorés du peloton mais glorifiés par des pancartes artisanales qui poussent sur tout le parcours, deviennent des héros, quelques heures en direct et pour toujours dans le souvenir des leurs.
A peine se souciaient-ils hier de la razzia opérée par les kenyans et les Roumaines, arrivés depuis belle lurette alors qu'ils grimaçaient encore, l'œil rivé sur leur prochaine foulée, en remontant le cours Briand. L'important c'était de dire, hier : « J'y étais. Je l'ai fait ! » Ce n'est qu'aujourd'hui, le mollet raide et les pieds cramés qu'ils se diront qu'ils ont fait un truc de fous et qu'on ne les y reprendra plus. Jusqu'à l'année prochaine ! C'est bien pour ça qu'elle est belle la Sedan-Charleville et qu'elle attire d'année en année un monde de plus en plus. fou.


Au bonheur des vétérans

L'ardennais du lundi 7-oct 2002 - Sylvain Pohu. Comme dans toutes les épreuves, il y a toujours des courses dans la course.
Celle pour la victoire a été disputée cette année, les deux Kenyans Julius Rotich, le vainqueur, et Julius Maritim ne se départageant que dans les derniers hectomètres, après avoir laissé tout de même très peu de suspense auparavant sur l'issue accompagnés de leurs compatriotes Barnabas Cheruiyot et Elijha Nyabuti, ce dernier rendant les armes et préférant abandonner finalement.
Celle aussi pour la place de premier régional. Comme l'an passé c'est le Rémois Jawad Annour qui a été couronné roi de Champagne-Ardenne sur Sedan-Charleville. En reculant de quatre places au classement final tout de même par rapport à l'édition 2001.

Jacques Cousin incognito

Hier, les vétérans s'en sont également donnés à coeur-joie pour se disputer le podium de la catégorie. Jacques Cousin a été le premier à couper la ligne d'arrivée au stade du Petit-Bois. 9e au scratch (belle performance) en 1h20'08. « Je pensais que tu avais encore ton cent bornes dans les jambes et que j'allais te revoir sur la fin » confiait le Nordiste à Pasccal Fétizon avant de rajouter: « j'ai eu l'avantage qu'ils ne me connaissait pas ! ».
Effectivement, Pascal Férizon avait bien son nom en tête mais aurait été incapable de mettre un visage sur celui-ci. « Ça ma coupé les pattes quand j'ai appris qu'il y avait un autre vétéran devant », admettait le postier châlonnais qui ne pensait tout de même pas se sentir aussi bien trois semaines après son titre de champion d'Europe. « De toute façon. J'ai craqué sur la fin alors qu'au début je me suis baladé ».
« On pensait effectivement que tous les gars de notre catégorie étaient avec nous », lâchait lui Jacques Lelong, l'Ardennais licencié à l'US Ctéteil, deuxième de la catégorie l'an passé et qui cette année a reculé d'un rang et de huit au classement général pour son 15e Sedan-Charleville. « J'espérais jouer la gagne. Mais... ».
Un tiercé peut-être pas dans l'ordre escompté. Ce qui n'empêchait pas les trois hommes de longuement converser et de se féliciter mutuellement. Avant de se retrouver sur une autre course...


Leurs impressions sur la course

L'ardennais du lundi 7-oct 2002.

Julia Negura Olteanu (1ère féminine)

« J'ai été accompagné par un groupe d'hommes pendant dix kilomètres. Ensuite, je suis partie seule. Je cherchais à rejoindre un autre groupe pour pouvoir me positionner devant. Mais ils ne voulaient pas me laisser prendre la tête. C'est seulement au 18e km qu'on m'a dit : « viens devant ! ». Le semi c'est déjà fatiguant. Mais 24km, je ne vous dis pas... Maintenant je vais me préparer pour les 20km de Paris ».

Tatiana Bultot (3e féminine)

« Je suis très contente. Je ne savais pas où étaient les autres filles. C'est de loin ma meilleure course de ma saison surtout après une déchirure aux ischios-jambiers qui m'a handicapée huit mois. Je vais peut-être faire le championnat de France de semi-marathon à la fin du mois ».
 

Laurence Fricotteaux (4e féminine)

« Je suis contente. Je voulais partir sur des bases marathon puisque je fais celui de Reims dans trois semaines. Mais je suis partie un peu trop vite. Au final, je suis tout de même à ma place. Là, je vais me reposer, avant de faire une semaine de foncier et de faire du jus la dernière semaine avant le rendez-vous. C'est vraiment une belle course. Tous les Adennais sont dehors quel que soit le temps. Cette course m'épate. Par moment, on dirait Paris-Roubaix. Sauf qu'il manque les pédales. J'aurais bien aimé en avoir d'ailleurs ajourd'hui... ».
 

Christophe Guibon (8e de la course et 1er Français)

« Je me suis retrouvé seul dès le 2e kilomètre. 22 bornes comme ça, c'est trop dur. En plus, il y avait énormément de vent. Je n'avais donc pas de repère du tout. J'ai dû laisser Mesbah partir au 13e km. En ce moment, je ne fais rien de précis. Je m'amuse juste sur la route avant d'attaquer en novembre la préparation de la saison de cross ».

Jawad Annour (10e et 1er régional)

« Aujourd'hui, c'était un test en vue du marathon de Reims. Je ne me suis pas occupé des autres. J'ai géré ma course en solitaire. Je suis finalement très satisfait ».

Philippe Deville (13e et 1er Ardennais)

« J'ai réalisé une belle course. Tout en progression. Je suis parti moins vite que les années précédentes car j'étais moins en confiance. J'ai appuyé à partir du 15e km et j'ai très bien fini. J'ai donc géré ma course différemment et je me suis fait plus plaisir ».


Courir avec le coeur

L'ardennais du lundi 7-oct 2002. C'est la première fois que les coureurs d'EDF-GDF services Ardennes, des habitués de Sedan-Charleville, arborent sur leur maillot le sigle du groupe d'étude pour l'insertion sociale des personnes porteuses de trisomie 21 (GEIST21), une association créée en décembre 1999 et qui regroupe dans les Ardennes dix-neuf parents.
Cet acte d'altruisme s'est fait tout simplement : Véronique Nonon, présidente de Geist 21, a été contactée par les collègues de travail de son époux, agent à l'EDF-GDF, alors qu'il participait à la précédente édition de Sedan-Charleville la photographie de leur petite Maud figurant sur son dossard.
Encouragés par les familles et leurs enfants, les trente-deux coureurs ont pris le départ avec un cœur gros comme ça ! Parmi eux, la jeune Alexandra Sauvage, fille de l'organisateur de la course à EDF-GDF, âgée de dix-huit ans, et benjamine de l'équipe.
A l'arrivée, André Nécaille directeur dans le département d'EDF-GDF, et Thierry Fenaille, chargé de communication, ont offert à l'association un chèque d'un montant de trois cents euros, en témoignage de la solidarité des électriciens gaziers.
Appartenant à la fédération GEIST 21, fondée en 1981, l'association ardennaise rassemble non seulement les parents des jeunes enfants atteints de trisomie, mais également dix professionnels de la santé. Au mois de février dernier, la ville de Charleville- Mézières a mis à sa disposition un local, et en avril les nouvelles promotions d'infirmiers et d'aide- soignants ont été baptisées du nom de l'association.
C'est bien la preuve que l'objectif d'insertion qu'elle s'est fixé n'est pas un vain mot.


Frédéric Griffon :
Un mollet en moins, la volonté en plus !

L'Ardennais du 10-octobre 2002 Olivier Raynaud
 
Après avoir connu de très graves ennuis de santé, qui lui ont occasionné un handicap physique de 50%, Frédéric Griffon retrouve la forme et le moral en participant régulièrement à des courses à pied. Et ce, grâce à ses « chaussures à ressorts ».
Vous l'avez peut-être vu lors du dernier « Sedan-Charleville » ce coureur pas comme les autres. Il était en effet chaussé de « Kangoo Jumps ». Des chaussures que l'on ne trouve pas en France, mais essentiellement en Amérique. Fred a fini par trouver son bonheur en Suisse, ayant obtenu entre temps l'adresse d'un dépositaire via Internet.
« C'est suite à un accident domestique que ma vie a basculé. C'était en 1987. Je suis tombé d'un escabeau et ça s'est très mal passé. Fracture ouverte et artère fémorale sectionnée. Ca a été le début d'une interminable série de complications ».
Lorsqu'il emploie le mot « complications », Frédéric sait parfaitement de quoi il parle. En l'espace de douze ans, il passera 32 fois sur le billard. « Et encore, je ne compte pas les anesthésies lorsqu'il fallait me faire les pansements. », se souvient-il.
Malgré tous les efforts des différents chirurgiens, qui tenteront de stopper l'évolution de la gangrène, les séquelles seront terribles : une amputation complète du mollet et une amputation partielle du pied (près de la moitié).

« Une simple question de volonté »

Depuis la dernière opération qu'il a subit en 2000, Frédéric Griffon n'a plus aucun muscle dans le mollet gauche. Quant à son pied, qui a été partiellement reconstitué grâce à une prothèse (tarses et métatarses en matière synthétique), il est complètement bloqué : « En plus, il est totalement insensible. C'est un peu comme s'il était cloué au bout de ma jambe ».
Le miracle, il l'a accompli lui-même ! « Une simple question de volonté », estime-t-il modestement, même si l'on ne peut être qu'admiratif, voire ému, devant cette étonnante faculté de recroquer la vie à pleines dents après tant d'années de galère.
Fred, ancien motard, amateur de grosses cylindrées, (et il n'a peut-être pas dit son dernier mot.), s'est fixé un challenge : recourir.
Lui, qui a tellement de mal à faire le tour du supermarché lorsqu'il faut aller remplir le caddy, a trouvé la solution : les fameuses « chaussures à ressorts », alias les « kangoo jumps » : « Ca ressemble à des chaussures de ski, mais elles sont équipées de lames de ressorts. C'est magique ! Non seulement, ça me donne l'impulsion au niveau de ma jambe handicapée, mais en plus, mon pied « mort » arrive à suivre naturellement le mouvement »..
Le résultat, vous voulez le connaître ? Fred a réussi à courir les 24,3 km du dernier Sedan-Charleville en de 2 heures, 26 minutes et quelques secondes. Il en a tout de même laissé 400 concurrents derrière lui.

« Le sport m'a sauvé »

« C'est le sport qui m'a sauvé, alors qu'avant mon problème, ce n'était pas tellement mon truc. Maintenant, je vois les choses autrement, même si quand je regarde en arrière, je réalise que tout ça, ça m'a bouffé douze ans de ma jeunesse », confie-t-il.
Ce qui lui a fait mal à Fred, c'est d'avoir vu tout au long du parcours des gens se moquer de lui. Mais déjà, il pardonne : « Certains ne savaient sans doute pas que j'étais handicapé. Alors, forcément, ça les amusait de me voir courir avec mes pompes à ressorts. On m'a appelé « la sauterelle », « le kangourou », « Inspecteur Gadget », bref, ils se foutaient gentiment de ma gueule. ». Les moqueurs se reconnaîtront sans doute en lisant cet article.
Soit dit en passant, les chaussures de Frédéric pèsent 3,5 kg chacune, ce qui occasionne 25 % de dépense calorique supplémentaire lors d'un effort. Ajoutez à cela 50 % de handicap physique, et reconnaissez que l'on n'a plus envie de se moquer, mais plutôt d'applaudir.


Le Sedan-Charleville en chiffres

L'Ardennais du mercredi 22-janvier 2003
 

Une affaire qui marche !

La 82e édition de Sedan-Charleville, ce fut aussi :
  • 24,300 km à parcourir, et 7 communes traversées ;
  • 200 d'officiels, professionnels mais surtout bénévoles ;
  • 4 médecins, 2 infirmières, 5 kinés, 3 ambulances, 3 postes de secours ;
  • Une cinquantaine de policiers et de gendarmes ;
  • 11 nations au départ, et 60 départements français représentés ;
  • 3.233 arrivants, dont 2.362 non-licenciés ;
  • 425 féminines, soit 13% des concurrents ;
  • 960 Ardennais et 1437 champardennais ;
  • 6.650 litres d'eau soit 17.300 bouteilles, 15.000 gobelets, 260 litres de boisson énergétique ;
  • 100 litres de jus de fruit, 240 litres de Coca, 2.600 oranges, 700 barres de chocolat, 100 kilos de pain d'épice, 60 kilos d'abricots, 60 kilos de pruneaux, 20 kilos de sucre.. ... et quelques bouteilles de Champagne à l'arrivée...

Presse régionale 2004

La pression monte

L'Ardennais du mercredi 29 septembre 2004 - Robert CORDELETTE.
 
Comme le veut la tradition, c'est dans la salle de réunion de CORA, l'un des partenaires privilégiés de l'organisation, qu'était présentée le prochain 84e Sedan-Charleville.
C'est une assemblée d'une bonne centaine de personnes qu'accueillait Jean-Marie Baudouin, au nom du directeur de l'hypermarché M. Vincent, avec en particulier les conseillers généraux André Marquet et Pierre Pandini, ainsi qu'André Libron, maire adjoint chargé des sports représentant le maire de Charleville-Mézières Claudine Ledoux.
On notait également parmi l'assistance, outre les présidents de plusieurs clubs du département, Patrick Krauss, le président du Comité des Ardennes d'athlétisme, Betty Charlier du CDOS, et Pascal Ravier de l'OMS, mais comme l'an dernier semble-t-il, l'absence d'une représentation de la ville de Sedan, la cité de départ. La grande classique de fin de saison poursuit donc son ascension vers un véritable statut international, comme devait le rappeler Jean-Marie Baudoin, le président d'une équipe de bénévoles de Courir en Ardennes, qui fait l'admiration de tous.
 

L'histoire nous apprend en effet que de 40 participants en 1906, date de la création, on est passé à 100 arrivants en 1966, 1.000 en 1985, 2.000 en 1991, 3.000 en 2001, pour arriver à plus de 3.500 coureurs ayant connu l'an dernier le bonheur d'entrer sur la piste du Petit Bois.
© 2002, CAP08

La difficulté croissante d'équilibrer le budget a nécessité l'augmentation du droit d'engagement à 14 euros, avec la ferme intention du président Baudouin d'en rester là.
Sur le plan technique, rien de changé par rapport à l'édition précédente, avec de nouveau un classement par puce électronique qui a fait ses preuves, le tirage au sort parmi les arrivants d'une voiture, et sur le plan sportif, une invasion attendue des kenyans, qui écument depuis le début de saison les principales épreuves dotées du calendrier national.
Après avoir remercié les très nombreux partenaires publics et privés, sans qui Sedan-Charleville ne serait pas envisageable, Jean Marie Baudouin souhaitait, pour tous les sportifs, un très bon Sedan-Charleville 2004.



Jean-Claude Boulan, pilier de Sedan-Charleville

L'Ardennais du jeudi 30 septembre 2004 - Pascal Remy.
 
Après notre collaborateur Robert Cordelette, il est celui qui a participé le plus souvent à l'épreuve pédestre Sedan-Charleville. Et, dimanche, pour la 34e fois, il fera partie des 3.000 engagés au départ.
Son palmarès n'est pas bardé de titres et de records. Et il restera probablement vierge en victoire. Car notre homme est un modeste dans le peloton des coureurs à pied. Ils seront d'ailleurs nombreux à le précéder, dimanche après-midi, au stade du Petit-Bois.
Pourtant, Jean-Claude Boulan, 57 ans, a déjà marqué le classique ville à ville de son empreinte. Il est, en effet, derrière Robert Cordelette, l'athlète qui a couru le plus grand nombre de Sedan-Charleville.

Dîtes 33 !

Trente-trois exactement depuis 1969. Et cet étonnant total est la plus grande fierté de cet employé municipal carolo aux allures d'abbé Pierre de l'asphalte.
Ses qualités d'endurance et sa constance auraient pourtant pu rester en jachère s'il n'avait pas été remarqué, en 1968, par M. Prophète (ça ne s'invente pas) en train de courir en solitaire sur la cendrée.
Le dirigeant bien nommé a alors coupé Jean-Claude dans son effort pour l'inviter à se licencier à l'ASPTT. « J'ai préféré prendre le temps de réfléchir. Puis l'idée a fait son chemin. Et quelques semaines plus tard, j'ai adhéré au club ».
Jean-Claude Boulan qui jouait modestement au football à l'Olympique - « j'étais plus souvent sur le banc que sur le terrain » - plaque alors le ballon rond pour enfiler des pointes et s'adonner à l'athlétisme.

Fractionnés long et court, séances de piste, footings. L'employé aux espaces verts découvre la discipline. M. Prophète le prend en mains, lui fait connaître les Janssens, Singevin et Cordelette et l'incite à participer aux épreuves sur route ardennaises.
« La première à laquelle j'ai participé était celle de Mézières, mon quartier natal. J'étais curieux de la façon de s'échauffer des coureurs. Ca s'est bien passé. Et j'ai remis ça ».
Et voilà 35 ans que ce pénitent de l'effort solitaire qui ne soupçonnait pas ses qualités de fond avale les kilomètres. « Je me sens bien dans le peloton et à l'aise dans l'ambiance des courses. Il s'agit d'un bon dérivatif. Ce sport était vraiment dans mes cordes ».
Et, en 1969, à 22 ans, il participe à son premier Sedan-Charleville. « J'ai terminé 75e en 1h36. A l'époque, il n'y avait que 500 engagés. Je suis tout de suite tombé amoureux de cette épreuve où, comme les cyclistes du Tour de France, on se sent porté par l'euphorie populaire. Faire la distance de 24 km au milieu d'un tel cordon de spectateurs, ça émoustille et vous pousse à finir ».

Deux abandons

D'ailleurs, Jean-Claude n'abandonnera que deux fois à cause de la chaleur. Pour lui comme pour beaucoup d'Ardennais, la doyenne est LE rendez-vous incontournable de la saison. Celui qu'il ne faut rater sous aucun prétexte.
« Sedan-Charleville, c'est une institution. Comme une grand messe. Et, dimanche, pour la 34e fois, je ne manquerai pas ce rituel athlétique. D'ailleurs, si l'organisme le veut, j'espère bien continuer ainsi jusqu'en 2014 » annonce le pilier de l'épreuve.
Il a, en tout cas, déjà fixé son plan de route. « Comme j'ai toujours la hantise du départ, il faut déjà éviter la chute. Si tout se passe bien, je courrai à mon train, sans chercher à aller trop vite en début de course. Puis accélération progressive de l'allure entre Donchery et Flize si le vent n'empêche pas cette montée en régime. Mais j'appréhende la sortie de Sedan et la longue ligne droite vers Dom-le-Mesnil ainsi que la bosse qui suit le passage devant Cora. Mon souhait ? Faire un chrono de 1h48 et figurer dans les meilleurs vétérans 2 ».
Alors, ne manquez pas d'encourager, dimanche, ce fidèle parmi les fidèles.



Deville : « Un grand bonheur »

Lundi 4 octobre 2004 - Recueilli par Cédric Goure.
 
Les bras levés à l'abord du dernier virage, Philippe Deville (GRAC) a pleinement savouré sa huitième place, synonyme de meilleure performance champardennaise.
 

Philippe, comment avez-vous vécu la course ?
« J'ai connu un démarrage si pénible que je ne pensais pas terminer si bien. Mais j'ai trouvé d'un seul coup la bonne cadence, en conservant de bonnes sensations jusqu'au bout. A mon plus grand plaisir, j'ai réalisé un temps sensiblement égal aux années précédentes (1h19'34), qui confirme ma régularité. Je souhaitais réaliser moins de 1h20, c'est fait ! ».
Avec quelle ambition étiez-vous venu ?
« Je voulais absolument bien me comporter, car il s'agit d'une épreuve référence. A défaut d'être particulièrement affûté parce que j'ai beaucoup couru dernièrement, j'étais en forme. Sans compter la motivation que ressent un Ardennais sur cette classique ».
La baisse du nombre de participants a-t-elle influé sur la popularité ?
« Je n'ai ressenti aucune différence par rapport aux autres années. C'est vrai que la masse a diminué, mais le plateau était tout de même de qualité. Je dois encore dire un grand bravo au public, il a été sensationnel ! D'ailleurs, je n'ai jamais vu un tel engouement ailleurs ».
Quel est votre meilleur souvenir de Sedan-Charleville ?
« Il s'agissait de ma dix-septième participation et c'est à chaque fois un grand bonheur. Mais l'image de mon arrivée main dans la main avec mon frère Olivier il y a quelques années reste omniprésente dans ma mémoire. Nous n'avions pas réalisé une excellente performance ce jour-là, mais l'émotion dépassait tout. Je regrette qu'il ne soit plus à mes côtés ».
Cette épreuve constitue-t-elle une bonne préparation pour le marathon de Reims ?
« A quinze jours d'intervalle, je la considère comme un bon tremplin. A condition de bien récupérer, car j'ai beaucoup donné. A 38 ans, je m'alignerai pour la deuxième fois à Reims. Avec les années, on prend goût à l'effort ».



L'ambitieux Krestianinov

L'Ardennais du lundi 4 octobre 2004 - Recueilli par Sylvain Pohu.
 
Alexandre Krestianinov est décidément abonné à la 4e place. Assez loin du trio kenyan, le Russe du Cateau n'est pas vraiment rassuré par sa performance à quinze jours de l'échéance représentée par le marathon de Reims.
 

Alexandre, vous avez couru tout le temps tout seul. Ca a dû être dur ?
« Dès le 2e kilomètre effectivement, je me suis retrouvé seul. Les deux dernières années, j'avais couru en groupe. C'était donc plus facile. Je voulais battre mon record. J'avais fait 1h16'41 en 2003 et 1h16'37 il y a deux ans. J'ai essayé de partir avec les Kenyans mais j'ai rapidement vu que ce n'était pas possible de suivre leur rythme ».
Cette performance que vous estimez moyenne vous gêne-t-elle à 15 jours du marathon ?« Je souhaitais faire 2h 15 à Reims. Mais il aurait fallu que je fasse 1h15 ici. J'estime donc que j'ai à peu près la même forme que l'an dernier. J'ai fait 2h18 l'an passé et 2h19 il y a deux ans. Il faut que je fasse tout de même au moins 2h17. Je vais donc baisser mon volume d'ici là. J'ai fait le kilométrage. Aujourd'hui, je n'étais donc pas frais. J'ai beaucoup d'endurance mais pas beaucoup de vitesse. Je vais effectuer des footings avec des 200m dedans par exemple ».
Vous êtes abonné à la 4e place sur Sedan-Charleville.
« Ca a l'air d'être ma place ! Il y a toujours des Kenyans qui me barrent la route. Mais j'espère qu'elle ne le sera pas tout le temps. J'ai encore le temps de faire mieux ».



Expliquez-vous ! Jean-Marie Baudoin ;
Président de Courir en Ardenne

L'Ardennais du lundi 4 octobre 2004 - Recueilli par Sylvain Pohu. Quel est votre premier bilan à chaud ?« Il est très satisfaisant. La participation a été moindre que les années précédentes en raison de la concurrence, ça a déjà été dit. Ce qui m'a surtout impressionné, c'est le retour du public que nous avions un peu perdu en raison du mauvais temps. C'était même à la limite de la sécurité avec tout ce monde qui s'avançait sur la route. Les coureurs m'ont rapporté qu'ils trouvaient incroyable la densité de spectateurs dans les villages ».
Sur le plan sportif ?
« Les Kenyans ont fait une démonstration inhabituelle car l'écart avec le 4e n'a jamais été aussi important. Philippe Deville (8e) a fini premier Français, c'est bien. J'ai seulement un petit souci avec une Kenyane qui est partie à l'hôpital ».
On a parlé de difficultés à joindre les deux bouts.« Certes, c'est de plus en plus dur. Mais, pour l'instant, on parvient à s'accrocher. Nous avons passé les engagements à 14 euros. Il faut qu'ils demeurent à ce tarif le plus longtemps possible. Il ne faut pas que la course se fasse sur le dos des coureurs. Il faut que tout le monde donne la main. Je sens qu'il a des gens qui veulent nous aider. Ils le disent, je les attends. J'irais même les chercher ».
C'est donc une épreuve amenée à durer encore longtemps.
« J'ai 66 ans. Je ne peux pas promettre de m'en occuper encore pendant 44 ans. J'espère aller au moins jusqu'au centenaire dans deux ans (la première édition a eu lieu en 1906). Sérieusement, tous les gens sont contents. Nous ne pouvons pas aller au-delà avec la concurrence. Le calendrier n'est pas toujours bien fait d'ailleurs ».



« Franchement, bravo ! »

L'Ardennais du lundi 4 octobre 2004 - Propos recueillis par S.P., C.G. et N.R.
 

Bertrand ITSWEIRE (Anzin) ; 9ème

« J'ai souffert sur la fin et j'ai dû bagarrer. J'ai couru souvent seul. C'était dur ! Je suis très content car je voulais gagner en vétérans. J'ai rarement vu des courses aussi bien organisées avec un tel public chaleureux toute la route qui scande ton nom. Franchement, bravo ! La course sera inscrite à mon calendrier l'année prochaine ».
 

Louis DARLY (Reims) ; 11ème

« Dans l'ensemble, ça s'est bien passé. Sur la fin, j'ai manqué un peu de carburant. J'ai eu un coup de barre dans la dernière montée avant l'entrée de la ville. J'ai décroché du groupe où se trouvait Philippe Deville. Sur la première partie du parcours, j'ai remonté pas mal de coureurs partis devant. Je vais faire soit le semi-marathon ou le 10km à Reims ».
 

Tatiana BULTOT (ASPTT Lille) ; 4ème et 2ème V1

« J'ai énormément souffert. J'ai attrapé quelque chose en début de semaine. Peu après le 4e kilomètre, j'ai pensé abandonner. J'ai eu soif toute la course et j'avais comme une sinusite. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas ma dernière course ».
 

Corinne GERARD (PSA Charleville) ; 9ème et 1ère régional

« J'ai eu un point de côté à partir du 7e kilomètre. Pourtant, les jambes allaient bien. Je manquais également de vitesse car j'ai effectué de nombreux trails dont celui d'Aÿ il y a trois semaines et un 10km la semaine dernière. Je n'avais visiblement pas récupéré. Sedan-Charleville est une épreuve difficile à gérer. Je vais faire le 10km de Reims en espérant sous les 40 minutes, puis je couperai ensuite ».
 

Sylvain KLANECEK (AC Charleville-Mézières) ; 22ème

« Je bats mon record de trente secondes. Je suis donc très satisfait. Je suis parti sur les bases de 3'35 au kilo et ensuite je suis passé à 3'25 sur les dix derniers kilomètres ».
 

Lhoucine AKHDAR (AC Gespunsart) ; 19ème

« J'ai essayé de gérer ma course. Nous étions un groupe de 6-7 personnes. Dans les deux derniers kilomètres, j'ai été obligé de ralentir car j'avais un début de crampes. Je suis très satisfait. Sedan-Charleville, c'est vraiment une super course. Avec le beau temps en plus ».
 

Catherine LALLEMAND (Belgique) ; 2ème et 1ère sénior

« Avec les deux Kenyanes engagées, j'espérais surtout terminer troisième. La deuxième place me satisfait d'autant plus que, pour ma deuxième participation, Sedan-Charleville clôturait ma saison. Même vu de Belgique, c'est une course importante ».
 

Emmanuel CORDIER (EFSRA) ; 14ème

« Sedan-Charleville, c'est la plus belle course régionale ! Avec la densité de spectateurs, on a vraiment la sensation d'être Richard Virenque dans l'Alpe-d'Huez. J'étais moins bien que l'année dernière, car j'ai subi un coup de barre entre le quatrième et le huitième kilomètre. J'ai couru après la minute de retard que j'ai concédée dès le début. J'ai manqué de fraîcheur. J'espère désormais passer sous 1h09 au semi-marathon de Reims ».  

Paul KORIR (Kenya) ; 2ème

« C'est ma première course en France. J'ai très apprécié cette épreuve. Il y un peu de relief et je me sens très à l'aise sur ce type de parcours ».
 

Stanilaw MARZEC (Pologne) ; 10ème

« C'est la première fois que je viens en France. Je suis très content de finir 10e et 2e vétérans 1, d'autant que la semaine dernière j'ai terminé deuxième sur un 20km en Pologne ».





Gué-d'Hossus : La tête et les jambes

L'Ardennais du mercredi 6 octobre 2004.
 

Tatiana Bultot n'aura pas réédité sa remarquable performance de l'année passée.
Cependant, en s'assurant la 4e place du Sedan-Charleville en 1h35'27, malgré un début
de sinusite, elle a prouvé au monde de la course de fond qu'elle est et reste une
adversaire de taille.
Combative, battante, Tatiana ne s'avoue pas vaincue par cette course en demi-teinte :  
« Ce n'est pas grave, ce n'est pas ma dernière course ».
Originaire de la République autonome des Oudmourtes (ex-URSS), Tatiana Sokolova
est arrivée en France en 1994. Si elle est surtout connue des Gué-d'Hossus comme « la
Russe qui court », beaucoup ignorent que si sa forme physique fait des envieux, elle est
un exemple vivant de la maxime « un esprit sain dans un corps sain ».
Dès son plus jeune âge, elle pratique plusieurs sports, mais c'est dans le ski de
fond qu'elle se distingue au niveau national russe.

Parallèlement à ses exploits sportifs, Tatiana entreprend des études de vétérinaire.
Diplôme en poche, elle exerce cette activité pendant un peu plus d'un an. Maman 
d'un garçon, elle met un terme à sa carrière de skieuse, et commence la course de fond 
avec le succès qu'on lui connaît. Mariée avec Louis-Marie Bultot, elle s'installe à 
Gué-d'Hossus et depuis s'entraîne inlassablement.
Les secrets de sa forme et de sa réussite : une vie saine, proche de la nature, 
et du sport. Deux fois par jour, quel que soit le temps, elle parcourt en courant 
les routes et les chemins de Gué-d'Hossus. Ensuite, elle s'octroie une petite
séance de musculation. Sauna, massage, et surtout une alimentation équilibrée 
complètent son quotidien.
Et si l'évocation de son pays natal lui procure quelquefois (et c'est bien naturel), 
un peu de nostalgie, ce sont les hivers ardennais, sans beaucoup de neige qui la 
chagrinent un peu.



Honneur aux handisports

L'Ardennais du jeudi 7 octobre 2004 - Robert CORDELETTE.
 
Comme il est de tradition, les athlètes affiliés à la Fédération handisport étaient dimanche, avenue Phillipoteaux, au départ de Sedan-Charleville, avec cette année un accueil particulièrement soigné.
Grâce à l'expérience précieuse de Régis Lalouette et à la volonté des organisateurs d'inclure véritablement ces athlètes d'exception dans la grande classique ardennaise, la logistique avait été améliorée au départ et à l'arrivée, avec notamment un véhicule spécialisé et ses servants, chargés d'intervenir lors d'éventuelles défaillances.
Mais, de défaillance, il n'y en eut point chez ces « forts en bras », comme le témoigne le classement des deux catégories de fauteuils en lice. Les homologués tout d'abord, que l'on voit lors des compétitions officielles comme les jeux Olympiques, où la traction se fait uniquement par la force des bras sur les roues. Et puis, les engins mus par une chaîne comme les vélos.
Dans la première catégorie, le vainqueur des deux éditions précédentes, le Belge Jurgend De Néve, a dû, cette fois, s'incliner sur la fin devant Ali Mehiaqui. Dans la seconde, c'est Régis Noël qui s'est imposé.
Classement homolgué :
Classement handibike :
1. Mehiaqui 1h03 ; 2. De Néve 1h07 ; 3. Forester 1h33.
1. Noël 56' ; 2. Chaumont 1h05 ; 3. Lalouette 1h08'27 ;
4. Cazzaro 1h08'51 ; 5. Marchal 1h10 ; 6. Henoux 1h12

Presse nationale 2005

Elle reste reine, la doyenne

Jogging International de novembre 2005 - FRANÇOIS BARROIS.
 
Plus ancienne des épreuves de ville à ville, Sedan-Charleville mérite sa place parmi les plus festives des courses hexagonales et assurément le titre de reine des Ardennes.
« Ambiance, ambiance » chantait gaiement Yannick Noah à propos de la brousse de ses ancêtres camerounais. Mais cet enfant de Sedan ne nous la fera pas pour autant: la chaleur humaine décrite dans ses textes, c'est forcément entre Sedan et Charleville qu'il en a fait la découverte !
Les 3150 coureurs de la 85e édition de cette course de 24 km séparant les deux villes en attesteront. Ils couraient en troupe unie, encadrés par un public ardennais surmotivé ! Postés dans chaque village traversé, chaque prairie aux abords du tracé, les supporters encourageaient autant que les coureurs pouvaient se donner sur ce parcours atypique et varié : au maximum.
« Je n'ai jamais vu cela » s'exclame Vital Besonhe en franchissant la ligne d'arrivée après une dernière boucle au cœur du stade de Charleville. Les 2h27 de ce septuagénaire belge lui ont marqué le sourire (donné la frite) pour la journée : « Certains passages restent délicats, les deux derniers kilomètres dans Charleville et cette côte du Point Central par exemple, mais on est comme porté par les encouragements ! ».
Parti de Sedan sous une petite pluie, Pascal et Eléna Fetizon rattrapaient rapidement le soleil, dévoilant ainsi les plaines ardennaises parsemées de blockhaus.
Passée la côte de Frenois, les voilà déjà à Donchery, puis Dom-Le-Mesnil, Flize, Elaire, Les Ayvelles, Villers... Les villages typiquement ardennais se suivent sans forcément se ressembler.
La balade de côtes et de faux plats suit son cours, toujours aux abords de la Meuse. On navigue alors jusqu'au centre historique de Charleville.

Pascal et Eléna Fétizon (2e Féminine)
 
Premier à y poser le pied, le Kenyan Sammy Tum avait deux concitoyens sérieux dans les jambes, Abdhelha Rafii et Edwin Kemboi Yano. Tous trois passent la ligne à quelques secondes d'écart !
Eléna Fetizon termine, quant à elle, deuxième derrière une Béatrice Ruto de feu !
Se doute-t-elle que l'équipe des pompiers de Sedan n'en est qu'aux deux tiers du parcours lorsqu'elle franchit la ligne ? Les pompiers-coureurs en uniforme se frayaient un chemin au gyrophare monté sur leur mini-camion. Pas facile alors de gérer les acclamations et les regards des filles de Charleville. De toute façon, le devoir allait bientôt les rappeler sur Sedan... Une route du retour que tant d'autres coureurs allaient emprunter plus sereinement, après avoir passé la ligne d'arrivée.


Presse régionale 2005

Quoi de neuf, docteur ?

L'ardennais du vendredi 23 septembre 2005 - Robert CORDELETTE.
 
A 9 jours de Sedan-Charleville, le médecin-chef du Centre médico-sportif, Patrick Millot, chargé de la surveillance médicale des 3.500 concurrents, délivre ses précieux conseils.
« L'édition 2004 a été marquée par un nombre important de malaises, tant sur le parcours qu'à l'arrivée, les conditions météorologiques et le coup de chaleur inattendu ont déshydraté le peloton, tout comme cet été en France sur d'autres courses, où il y a eu cette année trop de décès ».
 

PRÉVENTION

« Tout commence par une prévention efficace, avec un certificat médical de non contre-indication fiable : exigez un examen médical complet, avec au minimum un électrocardiogramme à partir de 40 ans, et une épreuve d'effort au-delà de 45 ans ».
 

PRÉPARATION

« La deuxième étape consiste en une préparation physique adaptée aux 24,300 km de cette course mythique au parcours difficile, surtout sur la fin, et ce n'est pas en trois semaines que cela se fait. Une alimentation des derniers jours chargée en sucres lents est par ailleurs recommandée, essentiellement à base de féculents (riz, pâtes, pommes de terre), avec une hydratation elle aussi augmentée (2 litres d'eau par jour) ».
 

COURSE

« Les ravitaillements se situent tous les 5 km. Arrêtez-vous 20 secondes pour boire calmement et vous rafraîchir, ce n'est absolument pas du temps perdu et le « diesel » se refroidira utilement. L'eau (quoi de plus naturel) peut vous aider à rendre la course plus agréable, il faut boire avant d'avoir soif, quant celle-ci apparaît, c'est trop tard, la déshydratation est déjà engagée, avec toutes ses répercussions désastreuses sur le plan fonctionnel ».
 

RÉCUPÉRATION

« La dernière étape est l'après course. Une fois la ligne franchie, un bonheur envahit tous ceux qui ont respecté quelques règles, il faut alors éviter l'immobilisme, mais au contraire marcher où trotter quelques minutes, afin d'éliminer les « déchets », à savoir l'acide lactique insidieusement accumulée dans la musculature, et éviter ainsi les crampes. Trop d'arrivants encombrent pour de simples courbatures les tentes des kinés, qui sont surtout là pour des cas plus pathologiques, comme des tendinites où des contractures graves ».


Déjà deux mille inscrits !

L'Ardennais du Mardi 27 Septembre 2005 - Robert CORDELETTE.
 

Comme chaque année à la même époque, c'est dans le hall d'honneur de l'hypermarché Cora que Jean-Marie Baudoin et son équipe ont établi leur camp de base, trois semaines avant Sedan-Charleville.
C'est tout aussi traditionnellement que le président de Courir en Ardenne rassemblait vendredi tous ceux, professionnels où bénévoles, qui œuvrent durant des semaines afin d'accueillir dignement les quelques 3.000 concurrents attendus dimanche entre la statue de Turenne et celle de Gonzague (2.000 engagés une semaine avant l'échéance).
Lors de son intervention, Jean-Marie Baudoin présentait sommairement l'édition 2005, qui devrait être une bonne cuvée, avant de fêter l'an prochain les cent ans d'existence de la grande classique ardennaise.


Faites entrer la Miss !

Point de bouleversement pour cette 85e édition, si ce n'est une animation des enfants de l'USEP, des orchestres sur toutes les communes traversées, et la présence sur la course d'Ophélie Mouchené la nouvelle miss Ardennes.
Le départ se fera comme de coutume avenue Philippoteaux à Sedan, l'arrivée au stade du Petit-Bois à Charleville-Mézières, et la réception d'honneur à l'espace Flandre, précédée du tirage au sort de la Seat, une nouvelle fois mise en jeux parmi tous les arrivants présents sur la place Ducale.


Fernand est de retour !

L'Ardennais du Mercredi 28 septembre 2005 - P.R.
 
Ahurissant ! Le porteur du dossard numéro un dans la prochaine édition de Sedan-Charleville ne sera autre que Fernand Kolbeck.
L'Alsacien domicilié à Wantzeneau, aujourd'hui licencié à l'ASL La Robertsau, fera son retour dans la grande classique ardennaise à l'âge de 61 ans et avec l'objectif, s'il vous plaît, de terminer la liaison entre les deux villes du département en un peu plus de 1h30.
La présence de Fernand rappellera bien des souvenirs aux spectateurs ardennais.
Kolbeck, recordman des victoires dans Sedan-Charleville (1970, 1971, 1972, 1979 et 1983) en sera à sa 19e participation dans l'épreuve.
Il y avait débuté en 1969 en se classant quatrième, y réalisa son meilleur chrono (1h13' 33") en 1979 avant de clore le chapitre en 1995 en terminant à la 30e place. Et, après dix ans d'intermède, le voilà de retour dans la 82e édition ! Insatiable le dinosaure du Bas-Rhin.

Kolbeck en pèlerinage

L'Ardennais du Mercredi 28 septembre 2005 - Recueilli par Cédric Goure.
 
Recordman des victoires sur Sedan-Charleville, le Strasbourgeois revient dimanche sur la classique ardennaise après dix années d'absence. Quintuple vainqueur de Sedan-Charleville (1970,71,72,79,83), Fernand Kolbeck arborera le dossard numéro 1 dimanche sur l'Avenue Philippoteaux à Sedan.
A quelques jours de célébrer son soixante-et-unième anniversaire (le 11 octobre), l'entraîneur strasbourgeois a décidé de remonter le temps d'une riche carrière, notamment couronnée de cinq titres de champion de France de marathon, 82 titres départementaux et régionaux, 18 sélections en équipe de France et de deux participations aux Jeux Olympiques (Munich 1972 et Montréal 1976).

Faites entrer l'artiste

Fernand, Sedan-Charle-ville et vous, c'est une longue histoire ?« C'est l'une des plus grandes classiques françaises ! Je regrette qu'on n'en parle pas davantage. Depuis que j'y suis venu pour la première fois en 1969, cette course me tient particulièrement à cœur. D'une part parce que j'y ai connu quelques succès, mais surtout parce qu'il existe une communion unique avec les spectateurs ».
Pourquoi avoir choisi de revenir cette année après dix ans d'absence ?
« Il y a dix ans, j'ai créé une section course à pied à l'ASL Robertsau à Strasbourg. Après avoir expliqué le succès de Sedan-Charleville à mon groupe d'entraînement, j'ai finalement convaincu vingt-cinq athlètes de m'accompagner pour partager la convivialité de l'épreuve ».
Etes-vous étonné de la longévité de votre record de victoires ?
« À notre époque, nous courions pour la gloire. Nous venions nous confronter aux nombreux Belges et Anglais qui faisaient le déplacement. Nous aimions la performance. Les années 80, les années fric, ont tout démoli. Les chasseurs de primes ont installé un esprit malsain. Les courses possèdent moins d'attrait. Seul compte l'appât du gain ».
Quelle est la singularité de la doyenne des ville à ville ?
« La communion avec le public. Grâce au relief ardennais, on ne s'ennuie jamais pendant l'épreuve. Lorsqu'il faut s'accrocher, les gens vous obligent à vous dépasser. Forte de son succès, la classique fêtera son centenaire l'année prochaine. Pour moi, cette course est devenue un pèlerinage ».
Quel est votre plus grand souvenir d'athlète ?« II en existe tellement. Sedan-Charleville ne me laisse que de bons souvenirs. Mais le bâton de maréchal de tout sportif reste certainement la première sélection pour les Jeux Olympiques ».
Justement, comment avez-vous vécu l'horreur des événements de Munich en 1972 (*) ?
« Comme tout le monde, nous ne savions pas vraiment ce qui s'était passé. Nous entendions que les Jeux seraient peut-être arrêtés. Après la cérémonie de deuil, il a été convenu que les épreuves devaient se poursuivre. Mais l'ambiance n'était plus la même. Le dernier jour, le marathon s'est disputé dans une atmosphère très froide ».
 

Objectif terminer

Qu'est-ce qui vous fait toujours courir aujourd'hui ?« La santé me permet de conserver la jeunesse. Grâce à la compagnie des jeunes que j'entraîne, je me sens bien. Avec mes occupations au club, ma retraite est bien remplie ».
Comment avez-vous préparé Sedan-Charleville ?« Je n'ai rien programmé de spécifique. Je trottine un jour sur deux avec mes athlètes. Ça me convient parfaitement. J'aide certains à se perfectionner en continuant à prendre du plaisir ».
Quelle ambition nourrirez-vous dimanche au départ?
« En voulant faire le jeune (sic), je me suis malheureusement occasionné une petite élongation. Comme j'ai une légère appréhension, mon seul objectif consistera à terminer ».
Que représente le dossard n° 1 que les organisateurs vous ont symboliquement attribué ?
« Il s'agit d'un grand honneur. Ils m'avaient déjà fait cette gentillesse il y a quelques années. C'est très touchant de leur part. Maintenant, je n'ai pas le droit de décevoir ».

(*) Le 5 septembre, huit terroristes palestiniens s'introduisirent dans le village olympique, tuèrent deux membres de l'équipe israélienne et en prirent neuf en otage. Au cours de la lutte qui s'ensuivit, les neuf otages furent assassinés, ainsi que cinq des terroristes et un policier. Les Jeux Olympiques furent suspendus et un hommage à la mémoire des disparus eut lieu dans le stade olympique. Après une pause de 34 heures, le CIO ordonna la poursuite des compétitions.

Bernard Colling un doyen dans la « doyenne »

Mercredi 28 septembre 2005 - Pascal Remy.
 
Il court, il court, Bernard Colling. Venu très tard à l'athlétisme, le licencié de la Macé (70 ans en janvier) prendra, dimanche, le départ de son 26e Sedan-Charleville au milieu d'un peloton de 3.000 concurrents.
Avec le Vouzinois André Stainmetz et son partenaire de club, Jean Oudart ; Bernard Colling, sera, dimanche, l'un des trois doyens d'âge ardennais de Sedan-Charleville.
A 69 ans, il prendra pour la 26e fois le départ du plus ancien ville à ville de l'Hexagone. Une histoire d'amour débutée le 7 octobre 1979 à 43 ans.
« Je me rappelle fort bien cette « première » car j'avais longtemps accompagné l'acteur Michel Le Royer (qui s'était taillé une jolie réputation dans le film Le Chevalier de Maison rouge). La veille, le comédien avait annoncé dans L'Ardennais que son objectif était de courir en 1h40. Et comme c'était mon tableau de marche, j'ai couru jusqu'à Dom-le-Mesnil avec lui, profitant des encouragements de la foule sur son passage. Avant de le lâcher à L'Auberge du. Cheval blanc ».
Ca ne s'invente pas ! Bernard boucla les 24 km à la 170e place en 1h41. Mission accomplie pour cet ancien chef laboratoire au Centre technique des industries de la fonderie, venu très tard à l'athlétisme.

Un sédentaire devenu très actif

« J'étais un vrai sédentaire, pas sportif pour un rond. Mon principal loisir, outre le fait de supporter le CSSA, était la pêche. Toujours le cul dans les roseaux. Mais durant mon adolescence à Dom-le-Mesnil, voir passer les Mimoun, Ameur et Adèche avaient déjà titillé mon esprit ».
In fine, pour faire disparaître une surcharge pondérale prononcée (84 kg à l'époque, 65 aujourd'hui) et pour mettre un terme aux nuisances du tabagisme, Bernard se mit à courir.
« Sur mon lieu de travail, je côtoyais Roger Germain, l'actuel directeur sportif de la Macé. Il m'a convaincu de l'utilité de faire du sport. Et j'ai signé ma première licence. vétéran en 1978 en accrochant tout de suite pour la discipline. Au fil des séances, je me suis découvert un potentiel et, depuis, je rattrape le retard en avalant les kilomètres ».
Bernard débute par un semi-marathon à Monthermé avant de participer à la majorité des courses pédestres ardennaises.
« Au fil des entraînements, je me suis découvert un potentiel pour la course à pied. Courir m'a apporté un équilibre mental. Je ne me modère pas. Au point de regretter avoir commencé si tard. Dommage d'avoir tout fait à l'envers ».
A son actif : deux qualifications au national de marathon dont une 74e place sur 232 engagés, en 1981, à Beuvrages, la ville natale de Michel Bernard, un chrono de 2h55 sur cette distance (aussi 10'26 sur 3.000m, 17'59 sur 5.000m et 36'40 sur 10.000m.), quatre présences aux interrégionaux de cross country et un titre de champion de Champagne par équipes en 1985.
Mais son moment jubilatoire, c'est Sedan-Charleville, qu'il a couru en 1h35'17 en 1983.

En métronome

« Une épreuve mythique dans laquelle je me sens bien. Je sais y doser mes efforts. Les difficultés étant concentrées en fin de course, il ne faut pas lâcher la cavalerie avant, sinon tu coinces. Seule hantise : le vent de face qui use l'organisme ».
Absent pour la première fois en un quart de siècle, la saison dernière, à cause d'un claquage à la cuisse, le Carolo a redoublé de vigilance ces derniers mois en faisant moins de fractionné.
Mais, à raison de 45 km par semaine en trois séances lors des trois derniers mois, Bernard espère réaliser, dimanche, un chrono de 2h06 (*). « Cela me comblerait ». A cet âge-là, on comprend.

(*) Bernard  a terminé 1er V4 en 2h06'53 (1797ème). Bravo !

Robert Michelot figure de Sedan-Charleville

L'Ardennais du jeudi 29 septembre 2005 - Pascal Remy.
 
12 octobre 1952 : le Parisien Hamza gagne le 32e Sedan-Charleville devant Robert Michelot (Sporting club de Mohon). La doyenne des courses françaises n'était pas encore l'apanage des coureurs africains.
L'ancien élu sedanais fut un athlète performant. Il parle avec émotion de Sedan-Charleville. Une course qu'il aurait pu s'adjuger en 1952 sans un étonnant acte de solidarité.
53 ans plus tard, l'ancien élu sedanais (18 ans de mandat), a la mémoire précise quand il évoque la course où il sacrifia la victoire en. attendant le futur lauréat.
« Victime de défaillances lors des précédentes prestations, j'étais venu pour assumer mon statut d'outsider et gagner. Avec Lebrun, retenu aux JO d'Helsinki sur 3000 m steeple, Margot et Hamza, on est sortis du peloton de 62 coureurs pour pointer en tête à Donchery ».
Jusqu'à ce qu'un incident influe sur la course : aux Ayvelles, Hamza perd une chaussure.

Pas récompensé de son fair play

« A l'époque, l'entraide n'était pas un vain mot, et oubliant de profiter des aléas de la course, je l'ai attendu. De concert, nous sommes revenus sur Lebrun mais, à Mohon, Hamza avec un pied nu m'a lâché sans demander son reste. J'étais néanmoins content de ma place sur le podium ».
En 1h23'09s, il signe le meilleur temps des Ardennais depuis la reprise de la course. En guise de récompense, « Nénette » gagna 10 pelotes de laines offertes par un grossiste carolo. « Ca m'a permis de faire le trousseau de ma fille ».
L'habitant de Fresnois avait raté l'occasion d'intégrer le cercle très fermé des douze lauréats ardennais de l'épreuve. A 83 ans, l'ex-préparateur en pharmacie se souvient avec émotion des bons moments sportifs en feuilletant des documents jaunis par les années.
Footballeur à la Macé, Robert rigole de la déroute enregistrée en 1942 contre les cheminots de Mohon guidés par Marche et Flamion (16-0 dans la musette, 8 buts par mi-temps).
Victime d'une fracture de la cheville, il se dirige dans les années 40 vers le basket et l'athlétisme.
« Vainqueur du challenge du kilomètre devant Haudecoeur et Fournier, j'ai signé une licence à la Macé en 1942 et couru avec Girault, Coupaye et Couvreur. Avec des bains de mer, des espadrilles avec des semelles en corde, on terminait les courses les pieds en sang ».

La mise en bière de 1953

Spécialiste du 1500m et monté avec succès sur 5000m (record des Ardennes en 16'02s), et sur 10000m (champion régional 1950), Michelot s'illustre aussi dans les tours de ville. A Mézières, Vouziers, Pussemange et Sedan.
« Quand on franchissait la ligne en tête, on gagnait des babioles : un lustre en bois, des saladiers. Bref, on courait pour le plaisir ».
Robert débuta dans Sedan-Charleville en 1947 à un moment où l'arrivée était jugée avant le Pont des Deux-Villes en raison des dommages de guerre. Il en fera onze autres, se classant notamment deux fois 16e.
« L'épreuve reine de la saison. On était émoustillé par la présence d'un public enthousiaste ». En 1953, Robert abandonna à Mohon devant le bistrot tenu par Roger Marche. « J'y ai bu une bière et je ne suis pas reparti ».
Depuis, Robert et son épouse n'ont jamais raté le passage d'un Sedan-Charleville. Le couple sacrifiera encore à la tradition, dimanche. « Même si les choses ont bien changé. Aujourd'hui, les coureurs sont mieux préparés et équipés. Et les routes empruntées mieux entretenues ».
Rien à voir avec l'époque héroïque des pionniers.


Raymonde Gillet dès 1950

L'Ardennais du vendredi 30 septembre 2005. Robert CORDELETTE.
 
Le temps n'est pas loin, où les marathoniens devaient protéger leurs compagnes de route, de la chasse effrénée que leur livraient des officiels purs et durs au bord de l'apoplexie.
Mais bien avant tout le monde, une Ardennaise de Mohon, Raymonde Gillet, parente du célèbre Roger Marche, a osé braver les interdits et participé dès 1950 à Sedan-Charleville. L'Ardennaise et ses 20 printemps se retrouvait, place Turenne, parmi une poignée de fiers à bras moustachus, convaincus de la rejoindre du côté de Donchery.
Partie en souriant un quart d'heure avant ces messieurs, ce n'est en fait qu'au passage à niveau de Villers-Semeuse heureusement ouvert (19km en 1h34), que le Parisien Josset, champion de France de marathon, ne revit la jupette blanche de la demoiselle.
Certes la traversée du chef-lieu fût ensuite terrible pour notre héroïne, mais c'est toujours avec le sourire qu'elle abordait la piste du Petit Bois 2h09 plus tard, devant une foule médusée et admirative, un souvenir qui reste encré dans sa mémoire.
« Ca a été super, et quelle foule, dès le pont de Torcy, j'ai dû écarter les gens pour passer, mon frère qui me suivait parmi une nuée de vélos m'informait sur mon avance, je me sentais voler, Josset m'a rejoint à Villers et m'a poussé pendant 200 Mètres, puis il est parti en me disant : à tout à l'heure, j'ai la meute aux trousses ».
 

Journalistes parisiens

« La traversée de la ville a été terrible, mais le public était formidable, les agents de ville ont dû me frayer un passage devant la gare de Charleville, et le stade était bondé.
Je n'ai jamais vu ça depuis, il y avait beaucoup plus de monde que maintenant, tout le monde m'entourait, me bousculait, des journalistes de Paris me posaient des questions et me photographiaient, j'avais 20 ans, et je n'oublierai jamais.
J'ai reçu ensuite des courriers innombrables de toute la France, surtout de grands champions, mais cela demeure mon jardin secret ».


Prêts pour le 85e Sedan-Charleville

L'Ardennais du samedi 1er octobre 2005.
 
Comme le veut la coutume, les agents de la ville qui participeront, dimanche, au 85e Sedan-Charleville, étaient reçus en mairie par les instances municipales.
C'est le premier adjoint Philippe Pailla qui les a reçus, mercredi, assisté du conseiller municipal, André Marquet, et du maire-adjoint chargé des sports, André Libron. Grâce à la collaboration de la Mutuelle Nationale Territoriale, représentée par sa présidente, Josiane Bonna, et son directeur, Jacques Dufossez, les dix-huit engagés, dont quatre féminines, se sont vu remettre un lecteur MP3 et un équipement vestimentaire, afin de porter haut, parmi les 3.000 concurrents attendus, les couleurs de la ville.
Il s'agit de Sandrine Blanchard, Claudie Sachers, Marie-Madeleine Bocquillon, Marie-Christine Lambert, Rémi Duprez, Thierry Poncelet, Michel Dichamp, Gérard Cosson, Alain Marcoux, Francis Richard, Denis Fontaine, François Fochesato, Gilbert Lagrange, Jean-Jacques Gamain, Mathieu Hernaz, Jean-Claude Boulan, Vincent Manciaux et François Thomé.
Le plus jeune d'entre eux est François Thomé (27 ans) et le plus ancien Jean-Claude Boulan (58 ans et 33 participations) ; les meilleures performances étant à mettre à l'actif d'Alain Marcoux avec 1h30'43, et de Stéphane Toury avec 1h30'47.
Notons encore que quatre sont des sociétaires de la Macérienne, deux de l'AC Charleville-Mézières et un de l'AC Bélair. Les autres ne sont pas licenciés.


Histoire vécue : Le combat d'une passionnée

L'Ardennais du samedi 1er octobre 2005 - Virginie Kiefer.
 
ELLE court, elle court depuis vingt ans. Dix-sept Sedan-Charleville au compteur. Josette Degrelle, petit brin de femme aux jambes infatigables a livré un combat contre elle-même. Contre ces imprévus du destin qui peuvent parfois contrarier une passion. Et même vous laisser pour compte.
Elle, Josette ne s'est pas découragée. Avec un moral d'acier trempé, elle n'a pas cessé d'y croire.

Tout doucement

Fanatique de course à pied, pendant des années, elle s'est postée sur des centaines de lignes de départ, en tout 488 compétitions, et exactement 26043,965 kilomètres ! Jusqu'à ce jour de l'année dernière en septembre 2004. Où à l'usine un fenwick l'a renversée.
« J'ai dû rester six mois sans rien faire, je m'étais déplacée les vertèbres », explique Josette. Avec des hématomes plein le dos, elle ne pouvait plus courir.

Josette Degrelle
Pourtant, la Revinoise à 53 ans ne s'est pas estimée « fichue » pour autant. Elle y a cru. Après les multiples séances de kiné, elle a voulu retenter la course.
« Je m'y suis mise très tranquillement, je ne pouvais pas imaginer ne plus courir. Je suis une battante, alors je ne me suis pas laissée abattre. Après les trois mois de rééducation, j'ai repris tout doucement ». En avril 2005, elle a recommencé la compétition. Elle a participé aux dix kilomètres de Charleville. « Ca va beaucoup mieux maintenant, j'ai encore des douleurs, mais elles ne me gênent pas pour courir ».
Après deux ou trois épreuves, Josette confirme que ses sensations sont revenues. Lors d'une récente course, dimanche dernier à Nouzonville, elle a même réalisé un super temps qui lui a valu une coupe et la sixième place féminine.

Fierté

« Si j'avais été affiliée à un club j'aurai pu participer au championnat de France », dit-elle fièrement.
Ce combat contre elle-même elle l'a aujourd'hui gagné, même si à regret, demain dimanche, elle ne s'alignera pas au départ du Sedan-Charleville.
« Cela me fait beaucoup de peine, quand j'y pense j'ai les larmes aux yeux, car j'aime particulièrement cette course. J'y ai participé 17 fois, il y a une super ambiance au départ comme à l'arrivée, les gens vous encouragent, tout le monde est sympa. Mais cette année, je n'aurai pas été prête. Je n'avais pas encore assez d'entraînement. Je ne cours qu'une heure, ce n'était pas suffisant. Pour souffrir ou pour marcher pendant la course ce n'est vraiment pas la peine. Chaque chose en son temps. Pour mon âge je suis fière de mes performances, j'ai vu dimanche dernier qu'il y avait encore des jeunes derrière moi ».
Mais Josette le sait bien pour en arriver là, après son accident, il a fallu qu'elle fasse preuve d'une volonté de fer et surtout d'une passion sans borne pour son sport favori.


Les Lions chaussent leurs baskets

L'Ardennais du samedi 1er octobre 2005 - D.B.
 
Il court, il court le Lions Club : dimanche, au Sedan-Charleville, ils seront pas moins de onze à porter le brassard jaune vif spécialement édité pour l'occasion par le club service.
« C'est la première fois que le club est représenté sur le parcours » soulignent Michel Laurant, président et Gino Targon qui avec plusieurs amis et sympathisants du Lions allonge les kilomètres tous les jours pour relever ce défi sportif. Christian Gauchard devait lui aussi participer mais a dû renoncer en raison d'une blessure.
Déjà bien motivé, le club a reçu un soutien plutôt sympathique : celui de Noémie Flotté qui a pu prodiguer des conseils avisés à tous ces sportifs pour bien préparer l'épreuve.

Un point d'accueil

La jeune championne qui courra dimanche le Sedan-Charleville avec l'AS Sommer vient de réaliser de nouveau une belle performance au semi-marathon de Lille et a été sélectionné pour participer avec l'équipe de France à l'Ekiden, un relais marathon qui aura lieu au Japon en novembre.
Très présent cette année sur la course, le Lions a également voulu s'impliquer dans l'accueil des participants : de nombreux bénévoles vont donc tenir un stand dans un chalet prêté par la Ville, sur la place d'Alsace ce dimanche de 10h30 à 14 heures, pour offrir des boissons et informer les coureurs sur les hôtels, restaurants et bars de la ville.
Partenaire de la vie de la cité, le Lions n'en poursuit pas moins ses actions à caractère caritatif. Le club organise ainsi le 8 octobre un grand bal à la Chambre de Commerce et d'Industrie dont les bénéfices permettront d'acheter des produits d'hygiène pour bébés pour aider les familles dans le besoin.
« L'aide alimentaire est bien pourvue grâce à la Banque Alimentaire et à L'Escale, mais les produits d'hygiène font défaut car ils sont coûteux » explique Michel Laurant.


Noémie Flotté : « Objectif 1h30 ! »

L'Ardennais du samedi 1er octobre 2005 - Recueilli par Sylvain Pohu.
 
A 25 ans, Noémie Flotté, la sociétaire de l'AS Sommer, disputera demain son premier Sedan-Charleville. Avec l'envie de bien y figurer.
 

Noémie, pourquoi ne jamais avoir disputé le Sedan-Charleville ?« Ca fait trois ans que je veux le faire. Mais, il y a deux ans, j'avais été retenu pour les championnats du monde de semi-marathon à Vilamoura au Portugal. Et l'an passé, j'étais blessée aux ischios, ce qui m'avait mise sur le flanc tout le mois de septembre ».
Cette année, c'est enfin possible ?« Il n'y a aucun souci. J'ai couru le semi-marathon de Lille (56e au scratch, 8e féminine et 4e Française en 1 h 16'10), mon objectif, et j'ai continué à m'entraîner sur la lancée. Je suis satisfaite. Je reviens à hauteur de mes chronos d'il y a deux ans (son record sur semi est de 1 h15'30) ».
Quel est votre objectif ?« Me rapprocher des 1h30' voire passer sous cette barre.
Au niveau de la place, je ne sais pas trop. Il y a beaucoup d'étrangères cette année, je crois savoir, des Kenyanes et des Russes notamment. C'est bien ! Il y a aura une belle confrontation ».

Sedan-Charleville, ça ne se loupe pas ?« C'est la course du département. J'ai toujours eu envie de la faire. Ce sera tout de même la plus longue distance que je vais courir ».
 

Au Japon fin novembre


Noémie Flotté (AS Sommer)
Le marathon, ça vous dit ?« Pas maintenant. Je vais essayer de stabiliser mes temps et chercher à progresser encore avant. Je ne suis pas encore au point au niveau de l'entraînement. Je suis mes propres plans, sans entraîneur ».
Quel est la suite de votre programme de fin d'année ?« Peut-être les 10 km de Reims, mais ce n'est pas sûr. Ensuite, j'ai été retenue en équipe de France pour l'Ekiden de Chiba au Japon (La distance d'un marathon courue en relais) à la fin du mois de novembre (course le 23 exactement). Vu que j'ai été la première éliminée dans la course aux championnats du monde de semi-marathon (qui se disputent aujourd'hui à Edmonton au Canada), c'est un peu une compensation ».


Les marathoniens de PSA à Pékin


Après New-York et Venise, l'équipe d'athlétisme de la fonderie PSA Peugeot Citroën à décidé de relever un nouveau défi : le marathon de Pékin, qui se déroulera le 16 octobre prochain, avec 30 coureurs de l'unité de production des Ayvelles à l'assaut des 42,195 km à parcourir dans la cité impériale.

Ce séjour à Pékin, qui intéressera également dix-huit accompagnateurs de l'entreprise ardennaise, débutera le 14 octobre, pour se terminer le 24 octobre à Shanghai, avec une étape à Xian. Afin de répondre aux principales interrogations liées à ce voyage, les responsables de l'agence de voyage sont venus récemment répondre aux questions des participants lors d'un sympathique buffet qui rassemblait la délégation ardennaise.
Un merveilleux voyage en perspective, deux semaines après Sedan-Charleville, dont le coût personnel a pu être allégé grâce à la générosité des partenaires de la fonderie des Ayvelles et, bien sûr, de la direction et du comité d'établissement.
Cette générosité a permis également de doter tout le groupe d'un équipement aux couleurs des partenaires qui seront ainsi fièrement représentés, tout au long du voyage au pays du Soleil Levant.
Un merveilleux voyage en perspective...


L'automne de tous les espoirs

L'Ardennais du dimanche 2 octobre 2005 - Sylvain Pohu.
 
Un an avant de fêter son centenaire, Sedan-Charleville ne dérogera pas à la règle établie il y a maintenant plus de dix ans : un coureur étranger, sûrement plus précisément africain, va inscrire son nom au palmarès de la 85e édition qui va se disputer cet après-midi avec plus de 3.000 concurrents au départ.
Le dénouement de la classique ardennaise ne fait aucun doute. Du moins pour les premières places. Comme d'habitude, les Kenyans, qui avaient réalisé un triplé l'an passé (Rerimoi, Korir, Ndiso), seront favoris pour se partager les primes (1.500 euros au vainqueur, 1.200 au deuxième et 1.000 au troisième) réservés aux meilleurs.

La pancarte pour Tum

Tout particulièrement Sammy Tum, basé à Lisbonne, en super forme en ce moment et qui vaut les 1h01' annoncées sur semi-marathon, la distance étalon à peine inférieure à celle de la plus ancienne classique ville à ville du territoire (24,3 km). Simon Karuiki, Patrick Korir (l'homonyme du Paul de 2004) et Raël Kimayo seront également à coup sûr aux avant-postes pour tenter de répéter le sacre de leurs compatriotes.
Les Marocains parviendront-ils à déjouer leurs plans, simples dans l'absolu (asphyxier d'entrée leurs adversaires) ? Essemaali (Bruxelles), Rayii (Le Cateau), Gemmai et Mesbah, abonné à la 5e place depuis quelques années, seront en nombre.

L'autre course

Alexandre Krestianinov, le pendant de Mesbah à la 4e place, sera lui aussi un adversaire à surveiller très sérieusement, même si, a priori, une « classe » sépare le Russe des athlètes des hauts plateaux, tout comme le Polonais Dryja, 7e en 2004.
« Ce sera difficile pour les meilleurs régionaux de rentrer dans les dix premiers », pronostique ainsi Jean-Marie Baudoin, président de l'association Courir en Ardenne organisatrice de l'épreuve.
Jawad Annour, Emmanuel Cordier, Louis Darly (EFSRA), Pascal Fétizon (ASPTT Châlons), Antonio Rodrigues (engagé en non licencié 08 et accompagné de son frère Victor), Kacem Abdelaziz (CA Sedan), qui semble avoir préparé sérieusement le rendez-vous (1h12'24 au semi-marathon de Lille il y a un mois) et Philippe Deville (GRAC), en phase de reprise mais dont l'expérience n'est pas à négliger, se disputeront, comme d'habitude, une course dans la course dans l'optique de décrocher la place symbolique de meilleur champ-ardennais.
Chez les féminines, Sally Jemutai, un temps annoncée comme candidate à sa propre succession, laissera finalement la route libre à ses compatriotes kenyanes Béatrice Rutto et Eunice Orwaru.
Elena Fétizon (EFSRA) et Noémie Flotté (AS Sommer), dont ce sera la première cet après-midi, devraient rester à distance alors que Tatiana Bultot, 4e il y a un an, et Laurence Fricotteaux, devenue spécialiste des 100 km, seront une nouvelle fois au départ avec la ferme intention de faire la meilleure course possible. Comme beaucoup d'autres d'ailleurs...


La mémoire du Sedan-Charleville

L'Ardennais du dimanche 2 octobre - Pascal Remy.
 
Licencié à La Macérienne depuis 1957, Roger Germain connaît sur le bout des ongles l'histoire du Sedan-Charleville. Il ne l'a pourtant jamais couru, mais seulement accompagné en vélo !
Directeur sportif de La Macé depuis 20 ans après y avoir été athlète et coach, Roger, 67 ans, n'a jamais participé à un Sedan-Charleville. « Coureur de 400 m haies, je n'avais pas le fond nécessaire pour endurer cette épreuve ». Un comble pour celui qui est la mémoire de la doyenne hexagonale.
En 1977, en fouillant dans les archives de La Macérienne, qui s'apprêtait à fêter son centenaire, l'idée lui est venue de refaire l'historique de Sedan-Charleville.
« Durant six ans, j'ai passé tous les jours d'août au siège de L'Ardennais. Sedan-Charleville, c'était un pan de ma jeunesse. A Villers-Semeuse, j'ai vu passer les Mimoun, Ameur, Puttemans, Roelands et Lismont. Une sacrée guirlande de célébrités. J'ai voulu retracer ces événements sur le papier ».
 

Contre la montre

Sur le sujet, Roger est intarissable. Il connaît palmarès, records et anecdotes.
Début de la saga, le 30 septembre 1906. La première édition, organisée par Le Petit Ardennais, relie les deux agences du quotidien. Elle est réservée aux Ardennais qui s'acquittent d'un droit d'inscription d'un franc. 50 francs sont versés au vainqueur, Lucien Daix, qui devance 40 athlètes.
En 1909 et 1910, changement de formule. Sedan-Charleville se court en contre la montre individuel. En l'espace de 2 ans, 13 concurrents se présentent dans l'exercice solitaire durant 12 dimanches, entre le 16 octobre et le 31 décembre.
En 1911, retour à la normale avec la victoire d'un militaire du 91e, Louis Leroux. « En 1912, on n'a pu départager Daix (32 ans) et celui qu'il forma au Racing Club Sedanais, Husson. Ils terminent main dans la main devant 2.000 personnes ».
Autre course au caractère particulier, celle de 1919. « Bizarrement, cette édition bouclée par 8 athlètes ne figurait pas dans les annales. J'ai sorti des oubliettes le succès de Daix ». Très populaire, ce livreur de journaux reste, avec cinq titres, l'éternel recordman local de victoires dans Sedan-Charleville.
L'engouement populaire suscité par la course oblige plusieurs fois les organisateurs à avancer l'arrivée au Pont des deux villes. Sedan-Charleville, c'est aussi quelques drames.
« Celui du Tore Warin qui, en 1920, compte quatre minutes d'avance à Mohon avant d'être contraint à l'abandon par un malaise. En 1932, un incident prive Tassot de la victoire. En tête avec Arnold, il est renversé par un cycliste. Enfin, Jazy, trahi par les crampes en 1970, arrête à Dom-le-Mesnil, entre deux haies de spectateurs qui n'ont d'yeux que pour lui ».
 

Une véritable histoire d'amour pour Sedan-Charleville
 
  • 6 mars 1938 : naissance à Attigny.
  • 1957 : signe sa première licence à La Macérienne.
  • 1965 : participe... à vélo à son premier Sedan-Charleville.
  • De 1965 à 1967 : champion des Ardennes du 400m haies, 110m
    haies et 3.000 m steeple.
  • 1972 : devient chef chronométreur national.
La première arrivée au stade du Petit-Bois date de 1948. Josset (US Métro) l'emporte sur la cendrée carolo. « Fait rarissime, l'endroit fut le cadre d'un sprint au coude à coude, en 1977, entre Schoofs, Kolbeck et Taylor ».
Le succès s'amplifie. « Après l'ouverture de la course, en 1908, aux athlètes de l'Aisne, la Marne et la Meuse, le nombre d'engagés fait encore des bonds avec l'ouverture, en 1983, aux non-licenciés : 512 en 1982, 1221 en 1985, 2.169 en 1991 et 3.252 en 2003 ».
 

Raymonde la franc-tireuse

A partir de 1975, les féminines sont conviées au sein du peloton. Quatre sont au départ. L'Arrageoise Danièle Brouart (201e en 1h46'20s) inaugure le palmarès. Corinne Gérard reste la seule Ardennaise à avoir gagné, en 1989 et 1990. Meilleur chrono de ces dames : 1h25'38s pour Chantai Langlace.
Mais c'est une Mohonnaise de 19 ans, Raymonde Gillet, qui, en 1950, fut la première femme à finir Sedan-Charleville. Le règlement lui interdisant la course, Raymonde part, donc, une demi-heure avant tout le monde, met 1h34' pour rallier Villers-Semeuse et couvre le reste de la distance en 35'.
Autre Ardennais à s'être mis en valeur : Raymond Janssen, gagnant en 1958. Le postier carolo est le dernier « autochtone » à figurer au palmarès après Daix (1906,1908,1909,1912,1919), Legouy (1923, 1924), Dannel (1934, 1935), Dautun (1013, 1922), Soler (1907), Loupot (1910), Leroux (1911), Husson (1912), Bonnafous (1920), Warin ( 1921 ) et Leclerc (1926).
L'athlète qui a le plus impressionné Roger est le Belge Rick Schoofs, quadruple vainqueur et recordman de l'épreuve en 1h11'19s. « Un des rares vainqueurs à avoir relégué son dauphin à plus de deux minutes ! ».


Tum, un « temps » d'automne

L'Ardennais du lundi 3 octobre 2005 - Sylvain Pohu.
 
Des chronos moyens, sous un ciel mitigé. Les Kenyans ont tenu leur rôle de favoris du 85ème Sedan-Charleville. 3.021 concurrents ont rallié le stade du Petit-Bois.
 

Le nom du Kenyan Julius Ondieki, vainqueur de la doyenne française des classiques de ville à ville sur sa configuration actuelle (24,3 km) en 1998 et ses 1h11'46 resteront pour une année supplémentaire, au moins, la meilleure marque de l'épreuve ardennaise.
Le vainqueur de la 85e édition en est resté loin, très loin même. Le Kenyan Sammy Tum a effectivement franchi la ligne d'arrivée en 1h16'02 seulement et il faut remonter plusieurs décennies pour avoir trace d'un lauréat dans un tel chrono.
 

Darly s'accroche

Pourtant, malgré un vent défavorable (comme souvent sur ce parcours), les conditions météos étaient plutôt favorables. Le Russe Alexandre Krestianinov tentait un coup de poker d'entrée en prenant la poudre d'escampette d'entrée (3'08 au 1er km) mais il était très vite repris par dix hommes, les Kenyans Tum, Kemboi, Koinange, les Marocains Rafii, Mesbah, Essemaali, Gemmai et Lahmiza, le Polonais Mazerski et le Rémois Darly qui avait décidé de s'accrocher à leurs basques.
Derrière, le groupe des meilleurs régionaux (avec notamment Grégoire, Cordier, Annour, Deville et les frères Rodrigues) s'était formé sous l'impulsion du Sedanais Abdelaziz. Les temps de passage du peloton de tête n'étaient pas fameux (25'40 au 8e km, 32'02 au 10e) alors que les premières féminines (Elena Fétizon et Noémie Flotté flanquées des Kenyanes Béatrice Rutto et Raël Kimayo) passaient elles aussi groupés à Dom-le-Mesnil (36' pile au 10e km).
Un peu plus tard, le groupe des fuyards se scindait en deux : Mazerski, Mesbah, Krestianinov, Essemaali et Darly accusaient le coup. Gemmai les suivait dans la foulée. Ils n'étaient donc plus que quatre à se disputer la victoire : trois Kenyans (Tum, Kemboi et Koinange) et un Marocain (Rafii), semble-t-il à l'aise, qui revenaient sur des bases de 3 minutes au kilo quelque temps.

Noémie Flotté et Antonio Rodrigues
premiers ardennais

« J'ai souffert dans les deux derniers kilomètres. Je ne me sentais pas bien. Mais, je me suis accroché. Tum a violemment accéléré au 22e. J'ai essayé de soutenir le rythme mais il a mis une deuxième secousse. Là, j'ai préféré conserver mon train. J'avais confiance en mon finish », avouait Rafii qui déposait effectivement Kemboi sur la piste du stade du Petit-Bois.

Elena devant Noémie

Moins de quatre minutes plus tard, Louis Darly (1 h 19'43) terminait premier Champardennais devant un autre Rémois, Emmanuel Cordier (1 h 21'15), le premier Ardennais étant Antonio Rodrigues (1 h 22'12) juste devant Philippe Deville (1h22'24).
Du côté des féminines, la Kenyane Béatrice Rutto, partie au 14e kilomètre, devançait Elena Fétizon d'à peine 1'30 (1 h 26'40 contre 1 h 28'04) et Noémie Flotté de plus de 2'30 (1 h 29'23). Deux Champardennaises satisfaites de leur course, la Rémoise prenant sa revanche sur l'Ardennaise après deux « défaites » de suite (France de semi-marathon et semi-marathon de Lille il y a un mois).


Les Flotté sur le même bateau

L'Ardennais du lundi 3 octobre 2005 - Jean-Pierre Prault.
 
Chez les Flotté, il y a les accros de l'athlé (Jacky le père, Reynald et Noémie ses enfants), la maman, Sylvie, « plutôt spectatrice » et les autres, Anthony et Fabian « auxquels il ne faut pas demander de courir ».
Hier, les frangins réfractaires ont fait une exception : ils sont allés au départ de Sedan-Charleville pour soutenir Noémie, « novice »de cette édition 2005 : « On était étonnés de les voir ! ».
 

Le frère poisson-pilote

Sur le bitume, Reynald a joué les « poisson-pilote », autant que sa forme du moment lui a permis. Soit durant dix kilomètres : « On devait faire 10 km ensemble. Si ça allait, il partait », confiait Noémie.
En fait de partir, le grand frère (26 ans) a coincé, victime d'une hypoglycémie, pour finir 253e, 12 minutes derrière Noémie, et dix rangs devant Jacky, perturbé, lui, par des extra-systoles.
« Reynald vaut 1h12' sur semi mais il a été malade et vient de terminer ses études d'ingénieur. Il a donc eu du mal à s'entraîner », expliquait Noémie, solidaire et très complice.
Entre l'athlé et les études, Reynald a fait un choix. Qui n'est pas le même que Noémie, la surdouée du clan, conviée fin novembre à participer sous le maillot tricolore à l'Ekiden (relais-marathon) du Japon : « Je suis allée à la Fac mais ce n'est pas évident de concilier les deux. Il faudrait que les gens comprennent que l'on est aussi athlète de haut-niveau ».
« J'ai été malade et en ce moment, tout se bouscule un peu pour moi », soulignait Reynald, qui a fini « au ralenti » avec des amis ce Sedan-Charleville rondement entamé aux côtés de Noémie.
Des Flotté, entre Sommer (AS) et son père, la petite sœur était de loin la plus rayonnante, hier, dans le sas d'arrivée. « Je suis un peu étonnée. J'ai pris un petit coup au mental au 15e km et j'ai eu un peu mal au ventre mais je finis très bien ».
Noémie (3e féminine en 1h29'23) s'est un peu étonnée, comme elle a agréablement surpris Elena Fétizon (2e), venue spontanément la féliciter.

La maman taxi

« Déjà, c'était long et j'étais un peu jeune. Mais je voulais la faire ». Sa première sur Sedan-Charleville fera date pour Noémie. Moins pour sa mère Sylvie, chargée de jouer les taxis au Petit-Bois : « Elle nous attend près de l'arrivée pour nous ramener. Elle est déçue de n'avoir rien vu de la course ».
Jacky l'a vue cette course. Mais de derrière, en retrait du duo formé durant dix kilomètres par Noémie et Reynald : « Quand le départ est donné, je ne peux pas m'occuper de mon père. Il est quand même vétéran 2 maintenant ».
Certes « à la rue » hier, Jacky restera celui qui a inoculé le virus : « Si nous sommes venus à l'athlé, c'est grâce à lui. Il a pratiqué le ski nautique mais il s'est blessé. Il courait déjà un peu mais la passion lui est venue en faisant de la rééducation ».


Louis d'attaque !

L'Ardennais du lundi 3 octobre 2005 - J.-P.P.
 
Louis Darly est adepte du « ça passe et ça casse ». Dans l'exercice, le Rémois a tenu près de 15 km, hier, dans les foulées kenyanes et marocaines, pour finir 10e et premier régional.
« J'ai commencé à décrocher au 16e km et j'ai récupéré jusqu'au 18e. Je voulais confirmer le temps réussi à Tinqueux (1 h 07'27). Tout ça dans le cadre de la préparation du semi de Reims qui est plus roulant ».
« Aujourd'hui, la chaussée était glissante et on faisait un peu du surplace. Je préfère quand le temps est sec. Là, j'ai dû faire attention ».
1 h 19' 43 en 2005 contre 1 h 20 pour sa deuxième participation et 1 h 22 pour son coup d'essai : entre Sedan et Charleville, la progression est quasi mathématique.
S'accrocher le plus longtemps possible, puis géré. Louis Darly apprend à repousser ses limites, au meilleur poste d'observation, avec les meilleurs (un groupe de dix, hier).
« C'est toujours bien de courir devant pour savoir comment ça se passe, comment les plus forts gèrent leur course. Ca permet de voir aussi ce qu'il nous manque ».
 


Louis Darly - 1er Régional

Jusqu'au 19e km à Reims ?

La méthode est celle d'un athlète qui s'entraîne lui-même. Et qui n'a repris la compétition que la saison dernière, après un break de trois ans pour des questions professionnelles. « Je prépare un diplôme universitaire du 2e degré en droit privé ».
A Reims, le licencié de l'EFSRA espère aller un peu loin encore. Fort de ce travail de fond et des leçons ardennaises. « Peut-être que cette fois, j'irai jusqu'au 19e km ? C'est la fraîcheur qui fait la différence. Devant, ils assurent le train et poussent des pointes pour te mettre dans le rouge. Ils épuisent nos réserves ».


Soudain, la clameur...

L'Ardennais du lundi 3 octobre 2005 - Cédric Goure.
 
Depuis l'Avenue Philippoteaux, le stade du Petit-Bois n'est encore qu'une ambition.
Voire une illusion. Trois cents mètres d'extase après vingt-quatre kilomètres de souffrance. Ici, on pénètre dans l'arène comme on se prosterne devant un édifice religieux. Humblement.

« L'entrée dans le stade se vit comme une délivrance. A cet instant, l'émotion est comparable à celle de l'arrivée dans un stade olympique. Mais on redevient Monsieur tout-le-monde », raconte Fernand Kolbeck, recordman des succès.
Charleville n'est ni Munich ni Montréal. La flamme n'est pas olympique. Mais elle brûle dans le cœur d'un public fidèle à tout jamais. « Je n'ai jamais vu une si belle course. Les encouragements donnent des ailes tout au long du parcours », s'extasie Eléna Fétizon
Inaugurée lors de l'arrivée du Tour de France en 1927, l'enceinte carolomacérienne se remplit invariablement chaque premier dimanche d'octobre. Depuis 1948, les Ardennais vont au Petit-Bois comme les Nordistes au Vélodrome de Roubaix un après-midi de printemps pavé d'embûches.

Le poids de la tradition

« Savoir qu'on est attendu est très stimulant. Les trois quarts de ce tour de piste me font toujours dresser les poils. Quelle impression de bonheur ! », confie Philippe Deville.
Soudain, la clameur. Patrick Weil se souviendra longtemps de sa première participation. Président de l'ASL Robertsau, le Strasbourgeois a accompagné Fernand Kolbeck, partageant l'ovation réservée au quintuple vainqueur de l'épreuve.
« La convivialité que j'ai trouvée me rappelle le marathon de New-York. Les spectateurs sont massés dans des petits villages au milieu de nulle part. On sent le poids de la tradition ».
Avec ses pylônes hors du temps, ses peintures défraîchies et sa pelouse portant les stigmates du derby de football de la veille, le stade du Petit-Bois n'a pas d'âge. La doyenne des ville à ville française, son enfant chérie, est presque centenaire. Un mariage d'amour, dont on célèbrera les noces de diamant en 2007.


La moye malgré les draches

L'Ardennais du lundi 3 octobre 2005 - Philippe Mellet.
 
Sedan-Charleville ou le miracle permanent. Un orage à midi, de bonnes averses ensuite. Mais le ciel s'est éclairci à temps pour que s'égrène sur 24 km la file colorée des champions et des anonymes.
« Ce fut un de mes premiers contacts avec le patois. J'étais gosse.
Jusqu'alors, il n'y a que certains dimanches de fête chez mes grands-parents, à Givonne, que j'entendais parfois mon père utiliser de drôles de mots pour singer des personnalités du village.
Mais j'ignorais qu'on pouvait aussi parler cette langue dans la rue.
Bref, c'était Sedan-Charleville, j'avais dix ans, et j'étais posté avenue de la Marne, près d'une station-service. Et soudain, une dame très distinguée tira son mari par la manche : « Ben regarde donc, Henri, regarde cette moye (*) ».
Depuis, j'ai vécu une trentaine d'autres Sedan-Charleville. Comme spectateur, comme journaliste, comme supporter quand mon frère ou ma sœur firent le pari de le courir.
Ce qu'ils réussirent, d'ailleurs. Une trentaine de Sedan-Charleville, et à chaque fois, j'ai cette phrase qui me revient en boucle : « Regarde cette moye ». Je ne sais pas si cette brave Sedanaise parlait des coureurs ou des supporters, ou bien de l'ensemble.
Quand on est au bord de la route, on a l'impression que jamais ça va s'arrêter, qu'ils vont défiler un à un pendant tout l'après-midi, et peut-être même une partie de la nuit, des petits, des grands, des athlètes à l'allure impeccable et d'autres qu'on voit comme ramer et se débattre dans un nuage invisible, on en voit qui sourient, qui grimacent, on en voit qui arborent un maillot tiré à quatre épingles que leur club a fait floquer tout exprès, et d'autres dont on dirait qu'ils ont enfilé ce qui leur tombait sous la main.
Une moye colorée, une moye portée par les applaudissements et les encouragements que de chaleureuses voix martèlent familièrement : « Vas-y Alain, vas-y, accroche ! »
 

Et soudain, j'ai eu peur

Hier, pour la première fois, j'ai cru que le rêve allait tourner au cauchemar. Quand à Charleville, vers les une heure, une heure et quart, des coups de tonnerre ont accompagné des trombes d'eau. Le ciel qui tombait.
« Des draches » comme on dit en patois.
J'ai eu peur qu'elles aient raison de la moye, qu'elles la dispersent « façon puzzle », que dans les villages et en ville, pour une fois, les Ardennais préfèrent rester calfeutrés dans le salon.
Et puis, miracle.
Le ciel s'est gentiment éclairci.
Une parenthèse de soleil.
J'ai eu droit à mon rêve d'enfant.
De Sedan à Charleville, la moye s'est encore fait la belle ».

(*) Littéralement : la foule. On peut écrire aussi la « mauye ». C'est l'avantage du patois que d'avoir l'orthographe libertaire. Les ouvrages de référence ne manquent pas. Voir « Mon patois ardennais en 12 leçons » de Gérard Avril (Éditions de la Société des écrivains ardennais), et, plus récemment et surtout beaucoup moins politiquement correct, le drôlissime « Petit précis du patois ardennais » de Philippe Richard et Gilles Macagno (éditions Traverses).

Les handisports aussi

L'Ardennais du vendredi 7 octobre 2005 - Robert CORDELETTE.
 

Deux catégories bien distinctes figuraient au départ : l'une homologuée par la Fédération handisport et l'autre considérée comme cyclo par les instances dirigeantes.

Les handisports ont dû apprécier

Dans un souci d'améliorer les conditions de participation des handicapés à la course, les organisateurs de Courir en Ardenne avaient prévu cette année un véhicule adapté du GIHP 08 chargé de suivre la course, des toilettes et des vestiaires au départ et à l'arrivée, ainsi qu'un autre véhicule susceptible de les convoyer du stade du Petit-Bois au centre de réadaptation de Warnécourt pour prendre une douche et récupérer.
 
Handisport :  1. Frédéric Henoux 1 h 25'47 ;
  2. Grégory Forster 1 h 52'35 ;
  3. Bernard Lesire 2 h 42'17.
Handbike :
 
1. Régis Noël 1 h 02'48 ;
  2. Francis Chaumont 1 h 08'40 ;
  3. Christophe Marchal 1 h 09'15 ;
  4. Luc François 1 h 13'11 ;
  5. Régis Lalouette 1 h 15'36.