Presse régionale 2003

Epatant

 

L'Ardennais du Lundi 7-oct 2002 - Sylvain Pohu
Contrairement aux années précédentes, le soleil avait boudé le Sedan-Charleville hier. Le
vent et même quelques gouttes sont venus perturber la course. Notamment celle au record.
Les Kenyans, les deux Julius, Rotich et Maritim, sont tout de même parvenus à 
descendre sous les 1h14' en restant à distance respectable de la meilleure marque 
établie en 1998 par leur compatriote Ondieki (Julius de son prénom, tiens, tiens.)
en 1h11'46.
Mais ce temps maussade n'est pas du genre à décourager un Ardennais. Ils étaient encore
plusieurs milliers à encourager les TGV kenyans, les meilleurs coureurs régionaux ou
tout simplement un de leurs proches qui avait, comme chaque année d'ailleurs,
chaussé les baskets pour rallier la cité de Charles de Gonzague.
Même si la foule semblait moins dense dans les rues de Charleville pour l'arrivée,
notamment la remontée du cours Briand, les points stratégiques que sont Pont-à-Bar,
 Flize et Villers-Semeuse étaient une nouvelle fois noirs de monde.
A certains endroits, le goulot formé par les spectateurs se resserrait pour porter les
coureurs. Ce qui faisait dire à Laurence Fricotteaux, 4e féminine hier au Petit-Bois et
habituée de la classique ardennaise : « Cette course m'épate. Ca sent par endroit le Paris-
Roubaix. Sauf qu'il manque les pédales. Même si aujourd'hui j'aurais bien aimé les avoir ».
Paris-Roubaix, Tour de France : Sedan-Charleville ne manque pas de déclencher les
comparaisons. Et chaque année, c'est la même rengaine. Ce qui veut bien dire que sa
réputation n'est franchement pas usurpée.


Les Kenyans inscrits en force

L'ardennais du vendredi 4-oct 2002 - Sylvain Pohu. La 82e édition de Sedan-Charleville, la doyenne des courses ville à ville en France, sera dans la lignée des précédentes.
Si les vainqueurs de l'an passé, le Marocain Kamel Saaidou et Chantal Dallenbach, ne seront sûrement pas sur la ligne de départ dimanche à 14 heures avenue Philippoteaux à Sedan, les prétendants à la victoire et à une course rapide ne manqueront pas.
Julius Rotich l'épouvantail
Pour le moment, alors que les organisateurs ont dépassé la barre des 3.200 inscrits, quelques noms aux solides références sur semi-marathon ont d'ores et déjà donné leur accord. Les Kenyans Julius Rotich - vainqueur ses deux dernières années de la terrible classique Marjevol-Mende - le dernier engagé en date, Julius Maritim, 4e de la classique bretonne Auray-Vannes cette année, et Cheruiyot, valent tous 1h01' sur la distance. Leur compatriote Victor Kigen affiche lui un meilleur chrono à 1h02'.
Les Kenyans vont-ils reprendre leur domination entamée en 1994 et seulement interrompue en 1996 (par le Marocain Aït-Zouri), 1999 (le Tanzanien Rhamadani) et donc 2001 par un autre Marocain Kamel Saaidou ? Ce n'est pas du goût de Betchim (Algérie), Baladi, Krestianinov, le Russe de Fourmies, et Mesbah, le Marocain 5e l'an passé au stade du Petit-Bois, qui espèrent contrarier les plans des coureurs venus des hauts plateaux.
Du côté des féminines, deux athlètes valent moins de 1h10' au semi-marathon : les Roumaines Iulia Negura et Luminita Gorgilea ont effectivement des records à respectivement 1h08' et 1h09'. La bagarre s'annonce donc très serrée chez les femmes également.


Sur un rythme africain

L'ardennais du samedi 5-oct 2002 - Sylvain Pohu. Le jour J est arrivé. Demain, à 14 heures, plus de 3.200 concurrents vont s'élancer pour la 82e édition de Sedan-Charleville, la plus ancienne des courses de ville à ville en France.
Les uns (la plupart) pour concrétiser leur préparation et entrer dans une fourchette de temps qu'ils se sont fixée. D'autres (beaucoup moins nombreux) pour accrocher leur nom au palmarès de l'épreuve.
Et, une nouvelle fois, les prétendants à la victoire ne manquent pas. Les Kenyans Julius Maritim, Victor Kigen, Julius Rotich, Elijha Nyabuti et Barnabas Cheruiyot ne se sont pas manifestés pour découvrir le vert paysage ardennais.

Les Kenyans logiquement favoris

Les cinq athlètes venus des hauts plateaux affichent à l'heure du départ un record identique à quelques secondes près sur la distance inférieure de référence, le semi-marathon : 1h02 voire même un peu moins. Ce qui veut dire qu'ils ne vont pas se gêner pour imposer un train d'enfer dès les premiers kilomètres des 24,3 à parcourir.
S'il faut vraiment dégager un favori, le palmarès de Elijha Nyabuti semble parler en sa faveur : il est en effet le double dernier vainqueur de la classique Marjevol-Mende, une des plus exigeantes de l'hexagone où bien souvent les meilleurs représentants français ont bien du mal à rentrer dans le top 10.
Mais Julius Maritim, Barnabas Cheruiyot et Julius Rotich ne vont pas s'avouer vaincus aussi facilement. Eux aussi ont prouvé qu'ils avaient du répondant. Maritim n'a-t-il pas pris la 4e place du dernier semi-marathon Auray-Vannes, une course également très accidentée ?
Mais peut-être aussi que leur compatriote Victor Kigen viendra mettre son grain de sel et régler tout le monde. Encore faut-il que ces cinq athlètes n'aient pas non plus trouvé une épreuve plus lucrative entre-temps et ne se présentent pas à Sedan. Ca arrive souvent ! Et hier soir, Jean-Marie Baudoin, le président de Courir en Ardenne, n'avait toujours pas eu la confirmation de l'arrivée de leur train. Méfiance donc !
Leur éventuelle absence pourrait alors faire le bonheur de l'Algérien Nordine Betchim, vainqueur du semi-marathon de la Grande-Motte cette année, Mustapha Baladi ou encore du Marocain Abdel Mesbah, 5e en 2001 au Petit-Bois, qui rêve sûrement de succéder à son compatriote Kamel Saaidou, le lauréat de l'an passé en 1h14'29. Ou à un autre, engagé de dernière minute. Sait-on jamais !
Alexandre Krestianinov, le Russe de Fourmies et ancien sociétaire de l'ASPTT Charleville, n'a pas non plus rendu les armes avant l'heure. 4e l'an passé, en forme en ce moment, il n'aspire qu'à améliorer son classement.

Fétizon et les Roumaines

Pascal Fétizon sera lui la meilleure chance française. En l'absence du Nordiste Mickaël Dufermont, blessé, 7e et premier Français l'an passé dans la foulée du Rémois Jawad Annour, le vétéran châlonnais, récemment sacré champion d'Europe du 100 km, ne lâchera rien comme à son habitude.
Du côté des féminines, les deux Roumaines Iulia Negura et Luminita Gorgilea ont bien téléphoné à l'organisation pour lui donner leur heure d'arrivée en gare de Charleville. Elles seront donc logiquement les deux favorites. Car elles présentent sur leur curriculum vitae un record de respectivement 1h08 et 1h09 sur semi.
A moins que là aussi une engagée de dernière heure ne vienne modifier la donne. Laurence Fricotteaux et Tatiana Bultot sont d'ores et déjà condamnées à suivre la bagarre pour la victoire de loin.


L'or noir

L'ardennais du lundi 7-oct 2002 - Sylvain Pohu. Les Kenyans Julius Rotich et Julius Maritim ont dominé hier le 82e Sedan-Charleville. Victoire Roumaine chez les féminines.
S'il a fallu attendre les derniers mètres pour savoir qui de Julius Rotich ou de julius Maritim allait remporter la 82e édition de Sedan-Charleville, ce ne fut pas si long pour comprendre que c'était un Kenyan qui inscrirait son nom au palmarès de la plus ancienne classique française de ville à ville.
En effet, alors que peu après le 1er kilomètre atteint en 3'15, pas beaucoup moins (c'est-à-dire un départ relativement lent), un groupe de dix coureurs se détachait du reste de l'imposant peloton (3.475 inscrits cette année, 3.233 à l'arrivée, nouveau record bien sûr) avec Betchim, les deux Cheruiyot (Barnabas et Richard), Rotich, Mesbah, Annour, Maritim, Krestianinov, Nyabuti et enfin Guibon.

A 3 minutes au kilo

Le Rémois Annour était le premier à lâcher prise dès le premier raidillon, Guibon et Krestianinov s'accrochant tant bien que mal au train mené par les fusées africaines. S'étant débarrassé également de Mesbah et d'un des Cheruiyot (Richard), Rotich, Maritim, Barnabas Cheruiyot, Nyabuti et Betchim filaient à toute allure vers le 15e kilomètre finalement atteint en 15'11.

Nyabuti décroche et abandonne

Betchim ne pouvait pas longtemps s'accrocher aux basques et au rythme de « 3'au kilo » imposé par les coureurs venus des hauts-plateaux. Après dix kilomètres de course parcourus par Maritim, Rotich, Nyabuti et Cheruiyot en moins de 30' (29'57 exactement), la différence était déjà largement faite. Le quatuor kenyan passait effectivement avec 56" d'avance sur Betchim, Krestianinov, Mesbah et R.Cheruiyot, 1'36 sur Guibon, solitaire depuis le deuxième kilomètre, et déjà plus de deux minutes sur Annour. Fétizon, parti prudemment passant lui à trois minutes des hommes de tête.
Bien calées à l'intérieur d'un peloton de neuf hommes, les deux premières féminines, les Roumaines Negura et Gogirlea, pointaient en 35'20.
A l'entrée de Chalandry-Elaire, peu avant le 15e km, Maritim sentait l'appel du large et décidait de secouer ses trois compagnons d'échappée. Cheruiyot perdait pied. Nyabuti, double vainqueur de Marjevols-Mende s'accrochait avant de complètement sombrer et même de finir par abandonner.
La victoire allait donc se jouer entre Maritim et Rotich. Le premier nommé allait-il payer ses efforts face au vent ? Ou bien était-il vraiment le plus costaud pour faire la différence dans les rues de Charleville ? Après être passés en 1h00'36 au 20e kilomètre, les deux hommes fonçaient vers la ligne d'arrivée. Sans pouvoir inquiéter le record d'Ondieki (1h11'46). .

Negura contrôle

Mais tout de même plus vite que le Matocain Karnel Saaidou, vainqueur l'an passé en 1h14'29. Finalement Rotich avait raison de Maritim dans les derniers mètres. En 1h13'43 contre 1h13'46 à son compatriote.
Derrière, B.Cheruiyot conservait sa 3e place. Guibon, vainqueur de la dernière corrida de Glaire. terminait 8e et premier Français. le Nordiste Cousin 9e et premier vétéran. Annour 10e et premier Champardennais et enfin Philippe Deville 13e et premier Ardennais.
Du côté des féminines, comme annoncé, les deux Roumaines Julia Negura Olteanu et Luminita Gogirlea n'ont eu aucune difficulté à contrôler la course. Bien à l'abri dans un groupe d'hommes, elles ont tracé la route, Negura Olteanu l'emportant en 1h27'01 (plus vite que Chantal Dallenbach l'an passé vainqueur en 1h27'58) alors que Gogirlea terminait en 1h28'28.


Ces merveilleux fous courants

L'ardennais du lundi 7-oct 2002 - Philippe Outeiro.

Presque 3.500 au départ

Une poignée de « cadors » à l'affût du chrono - et de la prime - et une meute de « Monsieur tout le monde » (et madame !) pour qui Sedan-Charleville est bien plus qu'une course à pied, quelque chose qui a tout de la messe pour « bouffeurs de butime », une épreuve d'honneur et de fierté, un pèlerinage depuis plus de quatre-vingts ans, 24,3 kilomètres d'une chanson pour les pieds. Une ritournelle jusqu'à plus soif. Et à tue tête !
Oublions l'épreuve d'en haut quasi invisible pour l'essentiel des participants pour saluer cette France du « bas du pavé » qui sans velléité de « Raffarinade » était dans la rue hier après-midi. S'il fallait être fou en 1906 pour être du lot des quarante ayant fait le pari d'user leurs semelles entre les deux cités ardennaises, il faut bien l'être encore un peu aujourd'hui pour entretenir cette tradition.

« Ne pas se laisser embarquer »

D'ailleurs, avenue Philipoteaux, hier entre 13 et 14 heures, c'était un véritable ballet de camisoles, les concurrents s'enveloppant pour se réchauffer dans des sacs poubelles qui donnaient au troupeau des allures de manchots sautillants aux abords de la ligne de départ.
Il faut dire que le vent était plutôt frisquet dans un ciel très incertain. Mais pas de quoi décourager les partants ni leur ôter le sourire.
La Sedan-Charleville pour qui aime courir, c'est à faire au moins une fois dans sa vie de coureur amateur et on sent que si le défi n'est pas toujours dans les jambes il est très présent dans les cœurs et dans l'orgueil des participants. « On fait ça uniquement pour le plaisir » résume l'un des anonymes « ce qu'il faut c'est pas se laisser embarquer parce qu'après dans les trois dernières côtes, on est cuits ».
La gloire, c'est de finir, la médaille c'est l'applaudimètre dans chaque hameau, chaque carrefour traversé qui témoigne du succès populaire, avec un final dans les rues de Charleville comme une haie d'honneur jusqu'au stade du petit bois.

Héros d'un jour

Et là, croyez-le, celles et ceux, inconnus de toutes les tablettes des courses sur routes, les « Tata Puce », « Gamin », les « Quéqué » les « Doudou », les « Papa Laurent » ignorés du peloton mais glorifiés par des pancartes artisanales qui poussent sur tout le parcours, deviennent des héros, quelques heures en direct et pour toujours dans le souvenir des leurs.
A peine se souciaient-ils hier de la razzia opérée par les kenyans et les Roumaines, arrivés depuis belle lurette alors qu'ils grimaçaient encore, l'œil rivé sur leur prochaine foulée, en remontant le cours Briand. L'important c'était de dire, hier : « J'y étais. Je l'ai fait ! » Ce n'est qu'aujourd'hui, le mollet raide et les pieds cramés qu'ils se diront qu'ils ont fait un truc de fous et qu'on ne les y reprendra plus. Jusqu'à l'année prochaine ! C'est bien pour ça qu'elle est belle la Sedan-Charleville et qu'elle attire d'année en année un monde de plus en plus. fou.


Au bonheur des vétérans

L'ardennais du lundi 7-oct 2002 - Sylvain Pohu. Comme dans toutes les épreuves, il y a toujours des courses dans la course.
Celle pour la victoire a été disputée cette année, les deux Kenyans Julius Rotich, le vainqueur, et Julius Maritim ne se départageant que dans les derniers hectomètres, après avoir laissé tout de même très peu de suspense auparavant sur l'issue accompagnés de leurs compatriotes Barnabas Cheruiyot et Elijha Nyabuti, ce dernier rendant les armes et préférant abandonner finalement.
Celle aussi pour la place de premier régional. Comme l'an passé c'est le Rémois Jawad Annour qui a été couronné roi de Champagne-Ardenne sur Sedan-Charleville. En reculant de quatre places au classement final tout de même par rapport à l'édition 2001.

Jacques Cousin incognito

Hier, les vétérans s'en sont également donnés à coeur-joie pour se disputer le podium de la catégorie. Jacques Cousin a été le premier à couper la ligne d'arrivée au stade du Petit-Bois. 9e au scratch (belle performance) en 1h20'08. « Je pensais que tu avais encore ton cent bornes dans les jambes et que j'allais te revoir sur la fin » confiait le Nordiste à Pasccal Fétizon avant de rajouter: « j'ai eu l'avantage qu'ils ne me connaissait pas ! ».
Effectivement, Pascal Férizon avait bien son nom en tête mais aurait été incapable de mettre un visage sur celui-ci. « Ça ma coupé les pattes quand j'ai appris qu'il y avait un autre vétéran devant », admettait le postier châlonnais qui ne pensait tout de même pas se sentir aussi bien trois semaines après son titre de champion d'Europe. « De toute façon. J'ai craqué sur la fin alors qu'au début je me suis baladé ».
« On pensait effectivement que tous les gars de notre catégorie étaient avec nous », lâchait lui Jacques Lelong, l'Ardennais licencié à l'US Ctéteil, deuxième de la catégorie l'an passé et qui cette année a reculé d'un rang et de huit au classement général pour son 15e Sedan-Charleville. « J'espérais jouer la gagne. Mais... ».
Un tiercé peut-être pas dans l'ordre escompté. Ce qui n'empêchait pas les trois hommes de longuement converser et de se féliciter mutuellement. Avant de se retrouver sur une autre course...


Leurs impressions sur la course

L'ardennais du lundi 7-oct 2002.

Julia Negura Olteanu (1ère féminine)

« J'ai été accompagné par un groupe d'hommes pendant dix kilomètres. Ensuite, je suis partie seule. Je cherchais à rejoindre un autre groupe pour pouvoir me positionner devant. Mais ils ne voulaient pas me laisser prendre la tête. C'est seulement au 18e km qu'on m'a dit : « viens devant ! ». Le semi c'est déjà fatiguant. Mais 24km, je ne vous dis pas... Maintenant je vais me préparer pour les 20km de Paris ».

Tatiana Bultot (3e féminine)

« Je suis très contente. Je ne savais pas où étaient les autres filles. C'est de loin ma meilleure course de ma saison surtout après une déchirure aux ischios-jambiers qui m'a handicapée huit mois. Je vais peut-être faire le championnat de France de semi-marathon à la fin du mois ».
 

Laurence Fricotteaux (4e féminine)

« Je suis contente. Je voulais partir sur des bases marathon puisque je fais celui de Reims dans trois semaines. Mais je suis partie un peu trop vite. Au final, je suis tout de même à ma place. Là, je vais me reposer, avant de faire une semaine de foncier et de faire du jus la dernière semaine avant le rendez-vous. C'est vraiment une belle course. Tous les Adennais sont dehors quel que soit le temps. Cette course m'épate. Par moment, on dirait Paris-Roubaix. Sauf qu'il manque les pédales. J'aurais bien aimé en avoir d'ailleurs ajourd'hui... ».
 

Christophe Guibon (8e de la course et 1er Français)

« Je me suis retrouvé seul dès le 2e kilomètre. 22 bornes comme ça, c'est trop dur. En plus, il y avait énormément de vent. Je n'avais donc pas de repère du tout. J'ai dû laisser Mesbah partir au 13e km. En ce moment, je ne fais rien de précis. Je m'amuse juste sur la route avant d'attaquer en novembre la préparation de la saison de cross ».

Jawad Annour (10e et 1er régional)

« Aujourd'hui, c'était un test en vue du marathon de Reims. Je ne me suis pas occupé des autres. J'ai géré ma course en solitaire. Je suis finalement très satisfait ».

Philippe Deville (13e et 1er Ardennais)

« J'ai réalisé une belle course. Tout en progression. Je suis parti moins vite que les années précédentes car j'étais moins en confiance. J'ai appuyé à partir du 15e km et j'ai très bien fini. J'ai donc géré ma course différemment et je me suis fait plus plaisir ».


Courir avec le coeur

L'ardennais du lundi 7-oct 2002. C'est la première fois que les coureurs d'EDF-GDF services Ardennes, des habitués de Sedan-Charleville, arborent sur leur maillot le sigle du groupe d'étude pour l'insertion sociale des personnes porteuses de trisomie 21 (GEIST21), une association créée en décembre 1999 et qui regroupe dans les Ardennes dix-neuf parents.
Cet acte d'altruisme s'est fait tout simplement : Véronique Nonon, présidente de Geist 21, a été contactée par les collègues de travail de son époux, agent à l'EDF-GDF, alors qu'il participait à la précédente édition de Sedan-Charleville la photographie de leur petite Maud figurant sur son dossard.
Encouragés par les familles et leurs enfants, les trente-deux coureurs ont pris le départ avec un cœur gros comme ça ! Parmi eux, la jeune Alexandra Sauvage, fille de l'organisateur de la course à EDF-GDF, âgée de dix-huit ans, et benjamine de l'équipe.
A l'arrivée, André Nécaille directeur dans le département d'EDF-GDF, et Thierry Fenaille, chargé de communication, ont offert à l'association un chèque d'un montant de trois cents euros, en témoignage de la solidarité des électriciens gaziers.
Appartenant à la fédération GEIST 21, fondée en 1981, l'association ardennaise rassemble non seulement les parents des jeunes enfants atteints de trisomie, mais également dix professionnels de la santé. Au mois de février dernier, la ville de Charleville- Mézières a mis à sa disposition un local, et en avril les nouvelles promotions d'infirmiers et d'aide- soignants ont été baptisées du nom de l'association.
C'est bien la preuve que l'objectif d'insertion qu'elle s'est fixé n'est pas un vain mot.


Frédéric Griffon :
Un mollet en moins, la volonté en plus !

L'Ardennais du 10-octobre 2002 Olivier Raynaud
 
Après avoir connu de très graves ennuis de santé, qui lui ont occasionné un handicap physique de 50%, Frédéric Griffon retrouve la forme et le moral en participant régulièrement à des courses à pied. Et ce, grâce à ses « chaussures à ressorts ».
Vous l'avez peut-être vu lors du dernier « Sedan-Charleville » ce coureur pas comme les autres. Il était en effet chaussé de « Kangoo Jumps ». Des chaussures que l'on ne trouve pas en France, mais essentiellement en Amérique. Fred a fini par trouver son bonheur en Suisse, ayant obtenu entre temps l'adresse d'un dépositaire via Internet.
« C'est suite à un accident domestique que ma vie a basculé. C'était en 1987. Je suis tombé d'un escabeau et ça s'est très mal passé. Fracture ouverte et artère fémorale sectionnée. Ca a été le début d'une interminable série de complications ».
Lorsqu'il emploie le mot « complications », Frédéric sait parfaitement de quoi il parle. En l'espace de douze ans, il passera 32 fois sur le billard. « Et encore, je ne compte pas les anesthésies lorsqu'il fallait me faire les pansements. », se souvient-il.
Malgré tous les efforts des différents chirurgiens, qui tenteront de stopper l'évolution de la gangrène, les séquelles seront terribles : une amputation complète du mollet et une amputation partielle du pied (près de la moitié).

« Une simple question de volonté »

Depuis la dernière opération qu'il a subit en 2000, Frédéric Griffon n'a plus aucun muscle dans le mollet gauche. Quant à son pied, qui a été partiellement reconstitué grâce à une prothèse (tarses et métatarses en matière synthétique), il est complètement bloqué : « En plus, il est totalement insensible. C'est un peu comme s'il était cloué au bout de ma jambe ».
Le miracle, il l'a accompli lui-même ! « Une simple question de volonté », estime-t-il modestement, même si l'on ne peut être qu'admiratif, voire ému, devant cette étonnante faculté de recroquer la vie à pleines dents après tant d'années de galère.
Fred, ancien motard, amateur de grosses cylindrées, (et il n'a peut-être pas dit son dernier mot.), s'est fixé un challenge : recourir.
Lui, qui a tellement de mal à faire le tour du supermarché lorsqu'il faut aller remplir le caddy, a trouvé la solution : les fameuses « chaussures à ressorts », alias les « kangoo jumps » : « Ca ressemble à des chaussures de ski, mais elles sont équipées de lames de ressorts. C'est magique ! Non seulement, ça me donne l'impulsion au niveau de ma jambe handicapée, mais en plus, mon pied « mort » arrive à suivre naturellement le mouvement »..
Le résultat, vous voulez le connaître ? Fred a réussi à courir les 24,3 km du dernier Sedan-Charleville en de 2 heures, 26 minutes et quelques secondes. Il en a tout de même laissé 400 concurrents derrière lui.

« Le sport m'a sauvé »

« C'est le sport qui m'a sauvé, alors qu'avant mon problème, ce n'était pas tellement mon truc. Maintenant, je vois les choses autrement, même si quand je regarde en arrière, je réalise que tout ça, ça m'a bouffé douze ans de ma jeunesse », confie-t-il.
Ce qui lui a fait mal à Fred, c'est d'avoir vu tout au long du parcours des gens se moquer de lui. Mais déjà, il pardonne : « Certains ne savaient sans doute pas que j'étais handicapé. Alors, forcément, ça les amusait de me voir courir avec mes pompes à ressorts. On m'a appelé « la sauterelle », « le kangourou », « Inspecteur Gadget », bref, ils se foutaient gentiment de ma gueule. ». Les moqueurs se reconnaîtront sans doute en lisant cet article.
Soit dit en passant, les chaussures de Frédéric pèsent 3,5 kg chacune, ce qui occasionne 25 % de dépense calorique supplémentaire lors d'un effort. Ajoutez à cela 50 % de handicap physique, et reconnaissez que l'on n'a plus envie de se moquer, mais plutôt d'applaudir.


Le Sedan-Charleville en chiffres

L'Ardennais du mercredi 22-janvier 2003
 

Une affaire qui marche !

La 82e édition de Sedan-Charleville, ce fut aussi :
  • 24,300 km à parcourir, et 7 communes traversées ;
  • 200 d'officiels, professionnels mais surtout bénévoles ;
  • 4 médecins, 2 infirmières, 5 kinés, 3 ambulances, 3 postes de secours ;
  • Une cinquantaine de policiers et de gendarmes ;
  • 11 nations au départ, et 60 départements français représentés ;
  • 3.233 arrivants, dont 2.362 non-licenciés ;
  • 425 féminines, soit 13% des concurrents ;
  • 960 Ardennais et 1437 champardennais ;
  • 6.650 litres d'eau soit 17.300 bouteilles, 15.000 gobelets, 260 litres de boisson énergétique ;
  • 100 litres de jus de fruit, 240 litres de Coca, 2.600 oranges, 700 barres de chocolat, 100 kilos de pain d'épice, 60 kilos d'abricots, 60 kilos de pruneaux, 20 kilos de sucre.. ... et quelques bouteilles de Champagne à l'arrivée...

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