Presse régionale 2006

Il veut écrire l'histoire du Sedan-Charleville

L'Ardennais du mardi 5 septembre 2006 - Recueilli par Philippe Mellet
 
Grand spécialiste de l'athlétisme, Robert Cordelette (se) lance un nouveau défi. Il lance un appel à tous les Ardennais afin d'écrire l'histoire d'une course de légende : Sedan-Charleville.
 

ROBERT, d'où vient votre passion pour la course Sedan-Charleville ?
« C'est devenu une institution qui appartient au patrimoine sportif et culturel des Ardennes. Cette course a toujours été un évènement, dès ses premières années. Pour les sportifs comme pour le grand public. Chaque premier dimanche d'octobre, on prend ses dispositions pour aller voir la course. Chacun a un voisin, un cousin ou un collègue de travail dans le peloton ».
Et cette année sera particulière ?
« C'est effectivement le 100e anniversaire de la course, dont la première édition a eu lieu en 1906. Mais ce ne sera que la 86e édition, puis que les deux guerres mondiales ont obligé à des grandes parenthèses. Pour la dernière guerre, il a fallu attendre 1947. J'ai une photo du départ, à Sedan, où l'on voit la place Turenne encore en ruines ».

35 participations

A titre personnel, vous connaissez le parcours par coeur !
« J'ai déjà participé à 35 Sedan-Charleville. La première fois en 1966. Mon meilleur temps : 1h23 !
Je ne battrai plus ce record ! Mais je compte bien encore être au départ le mois prochain ».
 

Vous avez déjà écrit un premier livre.
« Oui, en 2003, c'était "La course à pied, du sprint au marathon", aux éditions Chiron.
Cette fois, vous voulez raconter l'histoire de Sedan-Charleville !« Bien entendu, le livre comprendra résultats et commentaires sur les différentes éditions. Mais ce que je souhaite, c'est consacrer une large place à tous les autres aspects du rendez-vous, tant cette épreuve est devenue un phénomène social.
Je lance donc un appel au public : je recherche tous documents (photos, cartes, coupures de presse) et témoignages, même de participants anonymes, même de simples anecdotes. Bien entendu, je m'engage à restituer tout ce qui pourra m'être prêté. Sachant que le prêt vaut accord pour publication... Merci d'avance cependant de bien dater les documents et récits.
Je sais que tout cela va nécessiter des mois de travail. Mais Sedan-Charleville le mérite bien. Après tout, c'est la plus ancienne course ville à ville de France ».



Chacun souffre à son rythme

L'Ardennais du dimanche 10 septembre 2006 - R.T.
 
Moins d'un mois avant le départ de la 86e édition du plus ancien « ville à ville » de France, l'entraînement bat son plein. Les néophytes partagent leur souffrance avec les plus aguerris.
 

« Ça fait rêver de voir tous ces gens passer la ligne et se dire qu'ils viennent de parcourir plus de 24 kilomètres. Alors, j'ai voulu relever le challenge ».
Cette année, Virginie Roland a fait le grand saut. Elle chaussera les baskets. Et fera partie des quelques-uns qui, dans 21 jours, entreront dans le cercle des personnes ayant rallier, au pas de course, Sedan à Charleville.
« Le but sera de franchir la ligne. Mais je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin. Je vais prendre une licence car je suis déjà accroc. Mais c'est une bonne drogue ! ».
 

De 1h30 à 2h40

Depuis peu, elle fait donc partie des neuf nouveaux coureurs (dont sept féminines) à avoir intégré l'ASPTT d'Athlétisme. « Elle s'entraîne avec des personnes qui parcourent l'épreuve entre 1h30 et 2h40. Pratiquement tous mordent à l'hameçon et continue la course à pied », confie José Didier, le président de l'ASPTT.
Mais, une telle différence de niveau, est-ce un problème à l'entraînement ?« Pas spécialement. Ce qui me gênerait c'est si quelqu'un venait me voir le 15 septembre pour me demander de le préparer. Il y aurait des risques de blessure. S'il n'avait jamais couru, là, cela deviendrait carrément dangereux », avoue Pascal Billaudel, l'entraîneur du club.
Pour pouvoir mettre en place un entraînement collectif et personnalisé, Pascal Billaudel a, en premier lieu, fait passer un test Vaméval qui a permis de rendre compte du niveau de chacun des 54 athlètes qui courront sous les couleurs de l'ASPTT.
« A partir des données du test VMA, j'ai pu établir un seul plan d'entraînement pour tout le monde, explique l'entraîneur de l'ASPTT. Ils auront donc la même quantité de travail mais pas la même intensité ».
« C'est plus facile de courir à plusieurs. Le fait de côtoyer des personnes de meilleur niveau permet de recevoir des conseils pour s'améliorer comme faire des petits pas dans les côtes », assure Sylvie Sauvignon qui tentera de boucler l'épreuve pour la seconde fois. « J'avais terminé en 2h31 l'année passée. J'espère descendre le chrono aux alentours de 2h15 ».
 

Les mêmes primes

« C'est un peu démoralisant par moment. Mais cela incite surtout à aller au-delà de nous-même », estime, quant à elle, Virginie Roland.
Grâce notamment à certaines opérations, un nombre croissant de féminines use désormais le goudron. Et, pour la première fois de l'histoire du Sedan-Charleville, les primes seront les mêmes pour les féminines comme pour les hommes.
« Ce qui m'intéresse ? Qu'ils se sentent bien durant la course et qu'ils soient de retour à l'entraînement dès le lendemain. Si quelqu'un va chez le médecin après la course, ça voudra dire que je n'ai pas bien fait mon travail », s'interroge Pascal Billaudel.



Visteon Sports dans la course

L'Ardennais du dimanche 24 septembre 2006.
 


Parmi les très nombreux trophées mis en jeu pour la course de Sedan-Charleville, figure le traditionnel challenge des entreprises, convoité par la plupart des enseignes nationales, parmi lesquelles l'entreprise Visteon, comme d'habitude largement représentée par la section d'athlétisme de son association sportive.
© 2006, Visteon Sports.

Les employés de l'usine engagés dans l'aventure ont été présentés mercredi par le président Jean-Michel Pinvin à Christian Jean, le directeur de l'unité de production de Charleville-Mézières.
Il s'agit de Jean-Pierre Luciani, Didier Brasseur, Jacky Bertaux, Michaël Mandelli, Hervé Leblanc, David Billy, Éric Joseph, Alain Billaudelle, Francis Ambert, Mickaël Grasmuck, Hervé Mathieu, Frédéric Bourgeois, Bruno et Nicolas Eschimese, qui défendront les couleurs de Visteon.

Nos Résultats

25. Mandelli Michael - 1h25'14
313. Bertaux Jacky - 1h43'03
640. Eschimese Nicolas - 1h49'59
726. Billaudelle Alain - 1h51'24
1100. Joseph Eric - 1h57'01
1233. Luciani Jean-Pierre - 1h58'33

1291. Liblanc Herve - 1h59'12
1649. Bourgeois Frederic - 2h03'42
1724. Mathieu Herve - 2h04'39
2311. Billy David - 2h11'59
2598. Ambert Francis - 2h16'10
2819. Brasseur Didier - 2h20'00




Les conseils du Dr Millot

L'Ardennais du dimanche 24 septembre 2006 - Robert CORDELETTE.
 
Près de 4.000 pédestrians de tous poils et de tous niveaux sont attendus dimanche prochain sur les presque 25km de la grande classique Sedan-Charleville, dont sans doute une bonne moitié de néophytes peu préparés à cette épreuve de longue distance.
Comme chaque année, le Centre Médico Sportif de Charleville-Mézières, expert en la matière, aura la lourde responsabilité du suivi médical, et tout aussi traditionnellement son directeur Patrick Millot, qui sait de quoi il parle puisque lui-même pratiquant de longue date, nous livre ses dernières recommandations, afin que la course demeure pour chacun des participants une aventure enrichissante.

Pour que le centenaire de Sedan-Charleville soit une véritable fête, il nous a semblé utile de rappeler aux non licenciés néophytes, que nous espérons très nombreux cette année, quelques règles fondamentales :
  • Tu es dans la course parce qu'un médecin a signé un certificat de non contre-indication.
    Il faut exiger une vraie consultation, avec un électrocardiogramme après 40 ans, et une épreuve d'effort à partir de 50 ans, engageant la responsabilité de tous.
  • La dernière semaine d'entraînement doit être tranquille, afin d'arriver frais le jour J. Surtout ne pas se rassurer le dimanche précédent en courant les 24 km parce qu'on pense ne pas y arriver, ton cœur et tes jambes n'auront pas récupéré : 16 km d'endurance active sont largement suffisant, avec une dernière sortie le mercredi précédant la course.
  • Sur le plan alimentaire, retenir deux repas fondamentaux : le vendredi soir, soit 36 heures avant la course, un repas sans résidu pour ne pas " fermenter " dimanche. Le dimanche matin, un bon petit déjeuner. Termine 3 à 4 heures avant le départ : café, thé, jus de fruit, pain, beurre (léger), confiture, miel, laitage, une bonne assiette de pâtes ou riz et un fruit. Boire, toutes les 1/2 heure jusqu'au départ, de l'eau non gazeuse (elle peut être légèrement sucrée).
  • Une bonne préparation des pieds avec ta pommade habituelle sur des ongles coupés au carré et entre les orteils malformés. Masser la plante des pieds, sans oublier de protéger le sillon inter fessier, la face interne des cuisses et les. mamelons afin d'éviter l'effet délétère du frottement.
  • La course est longue, le final difficile, il faut savoir gérer en passant à Flize au 12ème kilomètre à peine fatigué.
  • S'arrêter à tous les ravitaillements, prendre 30 secondes en marchant pour avaler un gobelet d'eau même si tu n'as pas l'impression d'avoir soif.
  • Faire attention aux euphories épisodiques nous amenant à courir en surrégime sans s'en rendre compte et « casser » au kilomètre suivant ; n'hésite pas à marcher un peu pour te calmer.
  • Pour tous ceux qui courent avec un cardio fréquencemètre (sage et intelligente précaution) respecter absolument le pouls du premier seuil au moins dans la première partie de la course.
  • Toujours « en garder sous la semelle » afin de vivre intensément ce moment magique de la fin de course, porté par les acclamations de ce formidable public si particulier à cette course mythique.
  • Déjà arrivé au stade heureux mais parfois meurtri ou blessé, trois tentes sont dressées pour accueillir les coureurs, avec des médecins, la Croix Rouge, les kinés. Nous serons très nombreux cette année, fais en sorte de ne pas engorger inutilement ces structures d'accueil destinées aux vrais traumatisés.
  • Nous demandons à tous (sportifs, public, encadrement, vélos de noter le numéro de téléphone suivant : 06.81.74.85.21. Si vous êtes témoin d'un accident vrai, notamment dans les zones où le public est clairsemé, appeler ce numéro.
Cette année encore, le Centre Médico Sportif de Charleville-Mézières assure, par sa présence sur l'épreuve, la sécurité, avec 3 médecins sur le parcours, 3 médecins à l'arrivée dont 2 urgentistes, 2 infirmiers, 4 ambulances, des kinés à l'arrivée et la Croix Rouge, dont l'aide précieuse est sans limite.



Les Fumaciens au Sedan-Charleville

L'Ardennais du 26 septembre 2006.
 
Depuis quelque temps déjà, on peut apercevoir sur et à l'extérieur de la ville, des hommes et des femmes, qui n'hésitent pas à effectuer parfois vingt, voir trente kilomètres par jour. La raison, c'est qu'ils préparent avec beaucoup d'attention Sedan-Charleville.
Ces hommes et ces femmes, font partie de l'association Fumay-Marathon, que dirige le Fumacien Mohamed Oubari. Cette association compte dans ses rangs, des membres venant bien sûr de Fumay, mais aussi de Haybes, de Aubrives, voir de Givet.
Ces marathoniens, n'en sont pas à leur première sortie, car l'un d'entre eux Bensalem Zernouh pourtant vu son grand âge, continue de courir pour se faire plaisir et entraîner avec lui tous les autres. C'est un véritable meneur d'hommes, il connaît la façon de les stimuler, de les motiver, parfois dans la douleur. Bensalem véritable sportif, puisqu'il pratique également le jiu-jitsu au club de Haybes en portant la ceinture noire.
La préparation du groupe va bon train, la forme est là et les kilomètres avalés, ils ne les comptent plus. Restent désormais à accomplir les 24,300km qui relient Sedan à Charleville, qui pour certains néophytes de l'épreuve sera un moment important de douleur, mais aussi de joie intense.
Ces marathoniens, ont pour noms : Jacky Mergny, Olivier Jacquemin, Mohamed Oubari, Ali Pilier, Joaquim Freitas, Bensalem Zernouh, André Vandeven, Marc Dumez, Claude Coupaye, Frédéric Hennart, Jean-Guy Nicolay et Mohand Guebli.



Corinne Gérard, vingtième !

L'Ardennais du jeudi 28 septembre 2006 - Robert Cordelette.
 
Parmi le demi millier de féminines, un autre record, qui prendront dimanche la route entre Sedan et Charleville-Mézières, l'Ardennaise Corinne Gérard figure parmi celles qui ont inscrit leur nom au palmarès de l'épreuve(*).
 

Vainqueur de l'épreuve en 1989, sous les couleurs du Marathon Club de Mouzon, avec un chrono de 1h30'51, soit la onzième performance féminine de tous les temps, elle récidivait l'année suivante, avec pour clore une saison fastueuse 2h51 réalisés au marathon d'Echternach, virtuel championnat nationale du Luxembourg, un record de Champagne-Ardenne récemment amélioré par la centbornarde rémoise Laurence Fricotteaux.
Après avoir tout gagné, c'est néanmoins avec toujours autant de sérieux que la résidente de Bulson poursuit chaque année sa préparation spécifique à Sedan-Charleville, à raison d'un entraînement quotidien, alternant longues sorties et séances qualitatives, sur les routes du sedanais qu'elle connaît comme sa poche pour y avoir parcouru des milliers de kilomètres.
Elle s'alignera donc pour la vingtième fois au départ avec une motivation intacte : « J'ai disputé dimanche un 10 km à Nogent sur Oise en un peu plus de 40', je ne pense pas pouvoir maintenir 15 km /h pendant près de 25 km, mais j'espère néanmoins descendre sous les 1h45 si les conditions sont favorables ».
A 48 ans, et une bonne dizaine de participations aux différents championnats de France en cross-country et sur piste, la marathonienne de PSA Citroën, qui s'essaye avec bonheur sur les trails, sera donc là pour les places d'honneur. Tout comme son mari Michel, qui sera accompagné cette année de son fils Romuald, qui prendra pour la première fois le départ de la course pour fêter parmi la foule les 50 printemps de son père.
Une course en famille parmi la multitude, et sans doute un souvenir de plus à ajouter à l'un des plus beaux palmarès sportifs du département.

(*) Au même titre que la Française Chantal Laglacé (1h 25 en 1984 !), la Belge Magda Illands, la Polonaise Anna Kroll, l'Anglaise Sue Dilnot, la Russe Irina Majorova, la Roumaine Julia Negura ou, plus près de nous, les Kenyannes Sally Jemutai et Béatrice Rutto, sans oublier la résidente de Gué-D'Hossus licenciée à l'ASPTT Lille Tatiana Bulto, première en 2003 à la surprise générale.


Deville le métronome

L'Ardennais du vendredi 29 septembre 2006 - Robert CORDELETTE.
 
Huitième de Sedan-Charleville en 1989, avec un temps de 1h16'27, Philippe Deville détient la seconde meilleure performance ardennaise de tous les temps.
500 mètres derrière un autre Ardennais, Jean-Pierre Pietrement, qui se faisait lâcher à l'entrée du stade du Petit-Bois par le Belge Hagelsteens et le Hongrois Kaldy, les trois hommes terminant en sept petites secondes sur la ligne d'arrivée, devant une foule médusée tout à la cause de l'homme de La Grandville.
Sans atteindre les chronos de son illustre devancier (JPP valait 1h14), celui qui fit, tout comme Corinne Gérard, Jean-Paul Lemoine vainqueur de Paris Dakar, et bien d'autres, le bonheur du Marathon Club de Mouzon, peut néanmoins s'enorgueillir d'une série impressionnante sur la classique ardennaise, une course qui lui a toujours réussi, et qu'il affectionne particulièrement.

Outre son exploit de 1989, Deville réussi encore 1h19 en 1990, 1h17 en 1991, 1h18 avec son frère Olivier en 1995, son aventure se poursuivant avec 1h20 en 96, 1h22 en 2001, et de nouveau sous la barre fatidique des 1h20 (1h19) en 2003.

Chronos réguliers

Malgré les années, ses chronos demeurent réguliers autour de 1h20, ce qui n'est pas rien à près de 40 ans, et c'est avec une motivation nouvelle qu'il abordera l'édition du centenaire (sa 19e, toutes sous les 1h23) avec comme objectif, non plus le titre toujours convoité de premier Ardennais, mais bel et bien la place de premier vétéran, ce qui est une autre paire de manches (ou de guêtres).
La victoire en vétéran a en effet toujours été de haute volée, tel le belge De Vogt et ses 1h15'47 en 1991, ou celle de l'international français Bertrand Isweire l'an dernier. Il faudra donc assurer un tempo sous les 1h20 pour espérer figurer au palmarès. Ce dont est parfaitement conscient l'Ardennais.
« Ce sera pour moi une course tactique, mais avec quelques moments cruciaux où il ne faudra pas se manquer, je me suis préparé spécifiquement depuis deux mois, à raison de 140 km par semaine, avec des séances qualitatives de 3 fois 3.000m en 9'30. C'est évidemment loin des 5 fois 3.000m en 9'15 que j'alignait naguère avec mon frère Olivier, mais il faut faire avec ses moyens, et franchement je me sens prêt à tout pour être avec le premier vétéran à Charleville, et là il faudra être costaud pour me larguer ».
Malgré l'absence de son frère cadet toujours indisponible, au moins à ce niveau, Deville ne devrait pas manquer d'encouragements sur le bord de la route, de la part d'un public ardennais qui le connaît, et apprécie depuis des années, grâce à une détermination légendaire, sa présence parmi les meilleurs.



Vers la barre des 4.000

L'Ardennais du vendredi 29 septembre 2006 - S.P.
 
Pour fêter son centenaire, le Sedan-Charleville est déjà assuré de battre un record :
Celui du nombre de participants.

Hier, les organisateurs avaient enregistré quelque 3.900 inscriptions, sans compter bien sûr les cent femmes sélectionnées dans le cadre de l'opération « Cent débutantes pour les cent ans de Sedan-Charleville », qui n'effectueront pas le parcours en entier mais en relais.
La barre des 4.000 devrait donc être atteinte. Cet afflux massif a en tout cas obligé Jean-Marie Baudoin, président de l'association Courir en Ardenne, à commander deux cents puces supplémentaires (il en avait 4.000 en stock).
Le nombre record d'arrivants de 2003 (3.252) sera pulvérisé.



Gilberte Dervin, la pionnière

L'Ardennais du vendredi 29 septembre 2006 - Robert CORDELETTE.
 
Si de nombreux coureurs ardennais sont fiers, à juste titre, d'afficher une bonne trentaine de participations à Sedan-Charleville, quelques éléments féminins précurseurs n'ont pas attendu que les purs et durs du sport « entre hommes » n'autorisent en 1975 nos compagnes à participer à la fête.

Après Françoise Gillet en 1950, une autre Ardennaise, émigrée en région parisienne, Gilberte Dervin (CSM Clamart), a eu en effet l'audace en 1971 de se glisser furtivement dans le peloton des « mâles », beaucoup plus conciliants que la horde d'officiels au bord de l'apoplexie, menaçant de disqualifier l'équipe de gendarmerie de Versailles, drivée par son mari Richard Dervin, si elle franchissait la ligne d'arrivée.
Non classée par les instances dirigeantes, Gilberte Dervin n'en réalisait pas moins 1h43' à cette occasion, enfonçant un clou de plus dans les fesses rebondies des rétrogrades d'alors. Une performance non homologuée, qu'elle allait confirmer par la suite de belle façon, en réalisant 1h52' en 1977, officiellement cette fois, puis 1h51' en 1978, et 1h45' en 1989.



Un centenaire, ça se fête !

L'Ardennais du samedi 30 septembre 2006 - Sylvain Pohu.
 
Quelque 4.000 coureurs avaleront les 24,3 km entre Sedan et Charleville demain, un record. Il est loin le temps où ils n'étaient qu'une poignée de participants à l'arrivée.
Ambiance garantie.

Un siècle déjà. Demain, la plus ancienne des courses de ville à ville en France fêtera dignement ses cent ans d'existence avec un nombre record de concurrents et qui sait, peut-être, une nouvelle marque chronométrique de référence.

PARTICIPATION

Hier soir, à 19 heures, les organisateurs avaient enregistré exactement 3.973 inscriptions.
La barre annoncée des 4.000 participants devrait donc être atteinte même si Jean-Marie Baudoin garantit que ce n'était pas « son » objectif prioritaire.

FAVORIS

Comme depuis une quinzaine d'années, la course n'échappera pas à un coureur africain. Un Kenyan sûrement. Le manager belge Frans Denissen en enverra quatre dans les Ardennes. Qui de Benjamin Kipkosgei, Moses Kibor, 2ème du semi-marathon Auray-Vannes en 2005, 28'40 sur 10km et 1h01'03 au semi, Chesire Jacob, 1h03'02 sur les 21,090 km ou de Nicholas Kapemba décrochera la timbale ?
Derrière, l'habitué Krestianinov répondra présent comme à son habitude alors que la course dans la course pour la place de premier régional devrait se jouer entre Philippe Deville, qui a fait forte impression ces derniers temps, et Jawad Annour le Rémois.
En revanche, pour le fauteuil de premier vétéran, ils devront également composer avec Didier Izdiak (US Marquette), fraîchement débarqué dans la catégorie. Chez les femmes, les Kenyanes Elizabeth Chelagat et Eunice Orwaru, la Russe Irina Dobrynina et la Bélarusse Natallia Bendik seront devant, Noémie Flotté ne pouvant normalement pas rivaliser avec elles.

INVITÉS

Pour cet anniversaire marquant, quelques anciennes gloires qui ont marqué la course ont été invitées. Le Rémois Gilbert Gauthier, les frères Nicolas, Maurice et Jean, Jean-Marie Ancion, Christian Liégeois et Jean-Pierre Piétrement seront à bord des voitures accompagnatrices.

ANIMATION

« Nous avons fait un effort sur l'animation musicale. Convivialité et bon accueil sont également les mots d'ordre », avoue Jean-Marie Baudoin.
Des groupes seront présents dans toutes les communes traversées. Avec le Bagad Arduinna place de l'hôtel de ville de Mézières et Tropic Carolo Combo qui enflammera le stade du Petit-Bois, ça fera une douzaine. Un effort forcément coûteux. « Nous avons vidé les caisses. L'année prochaine, ce sera dur car il faudra proposer aussi bien », confirme le président de Courir en Ardenne.

FEMMES

L'opération « Cent débutantes pour les cent ans de Sedan-Charleville » a été lancée.Cent femmes, divisées en équipes de quatre, effectueront les 24,300km en relais à raison de 6km chacune. Elles arriveront toutes ensemble au stade du Petit-Bois.

RELAIS

Des relais USEP et UNSS se dérouleront également sur une partie du parcours seulement.

HORAIRES

Le départ sera donné à 14h pétantes de l'avenue Philippoteaux, comme d'habitude.Auparavant, à 13 heures, les cyclo-touristes de Sedan ouvriront la route. La caravane publicitaire s'élancera à 13h15 alors que les handisports partiront à 13h50.

INSCRIPTIONS

Les inscriptions sont encore possibles aujourd'hui au stand installé à l'entrée principale de l'hypermarché Cora, ouvert de 10 à 19h. En revanche, aucune inscription ne sera prise sur place demain. Le prix d'engagement est fixé à 20 euros. Retrait des dossards aujourd'hui sur le stand et demain de 10 à 13h au Cosec de la Porte de Balan.

NAVETTES

Des navettes de bus gratuites seront à la disposition des coureurs au départ du stade du Petit-Bois à partir de 10 heures. Le dernier départ se fera à 11h30 précises.



Les municipaux dans la course

L'Ardennais du samedi 30 septembre 2006.
 
Comme il est de coutume à l'approche de Sedan-Charleville, les employés municipaux engagés dans la course étaient reçus mercredi à la mairie, afin d'y recevoir les encouragements de leur hiérarchie et, accessoirement, quelques équipements pour l'hiver.
Le premier adjoint, Philippe Pailla a transmis aux vingt-cinq agents municipaux, dont quatre féminines, les vœux de réussite du premier magistrat de la ville.
Étaient également présents André Libron, le maire-adjoint chargé des sports, Jean-Marie Baudoin, président de Courir en Ardenne et organisateur de l'épreuve, Pascal Ravier de l'OMS, ainsi que Josiane Bonnart et Jacques Dufossé, respectivement présidente et directeur de la Mutuelle Nationale Territoriale, traditionnellement partenaire de l'opération.
Parmi le groupe municipal, le plus jeune T. Fesson, le plus ancien J.-C.L. Boulan (33 participations), et le plus performant A. Marcoux (1h29 l'an dernier).
Comme devait le souligner le premier adjoint, 2006 est une année d'anniversaire puisqu'on y fête en même temps les 400 ans de la ville, les 40 ans de la fusion et les 100 ans de Sedan-Charleville !



Seule face à la course mythique

L'Ardennais du samedi 30 septembre 2006 - E.D.
 
Demain après-midi, Nathalie Depierreux sera noyée dans la foule des 4.000 athlètes qui participeront au centenaire du Sedan-Charleville. Une première pour elle.
L'appréhension est là.
 

« Ça me fait extrêmement peur. Ce n'est pas la même chose que courir 10 kilomètres ! ».

En évoquant le centenaire de la mythique course hors stade du Sedan-Charleville, qui se déroulera demain après-midi, on sent tout de suite monter chez Nathalie Depierreux quelques appréhensions.
« Ce sera une première pour moi, je n'ai jamais couru une distance aussi longue ».
Nathalie Depierreux, qui habite et s'entraîne la plupart du temps sur les routes tagnonnaises, vient de prendre sa première licence au club d'athlétisme de Rethel, aurait pu choisir le relais 4 x 6 km, selon la formule mise en place dans le cadre de l'opération « 100 débutantes pour les 100 ans ».
Mais, le petit bout de femme a préféré se lancer dans la grande aventure directement, poussée tout de même par une certaine expérience sur les 10 kilomètres.
« Ça fait à peu près deux ans que je cours vraiment. J'ai commencé avec des copines par des petites distances jusqu'à pouvoir m'aligner sur 10 kilomètres. J'ai fait les foulées Rethéloises ».


Elle appréhende la blessure

C'est un licencié de Rethel qui la pousse ensuite à s'inscrire au club. Et rapidement, le défi du Sedan-Charleville lui est mis dans les baskets. « Je me suis laissée entraîner. Je voulais faire une course comme ça avant mes 40 ans », précise Nathalie, 39 ans.
Depuis, elle suit un programme d'entraînement qui lui a fait allonger ses distances mais aussi pratiquer des séances de rapidité. « Ce qui me fait le plus peur c'est la blessure, pas forcément les 24,3 kilomètres. Je ne voudrais pas avoir à abandonner. Je ne me donne pas de temps maximum à réaliser, je ferais ce que je peux », concède t-elle.
Visiblement stressée, Nathalie se rassure (à peine) d'après les dires des autres athlètes qui ont déjà foulé la course. « C'est quand même Sedan-Charleville. On dit que l'ambiance est super, qu'il y a un public qui nous transporte tout le long », réplique Nathalie Depierreux qui n'a même jamais assisté à la course en tant que spectatrice.
Un plongeon dans le grand bain qui lui fait un peu peur. Une crainte qui est certainement la cause de ces douleurs d'avant course, « mais ça va passer ! ». Comment le sent-elle ? « Je vous répondrais dimanche soir ! ».
Rendez-vous est pris. D'ici-là bonne course.



100.000 kilomètres à pied n'usent pas Jean-Marie

L’Ardennais du dimanche 1er octobre 2006 - Perrine Guillet.
 
Jean-Marie Laforêt de Saint-Pierremont sera aujourd'hui au départ de la course Sedan-Charleville. Depuis les années soixante, il a parcouru des kilomètres à pied sans jamais être à bout de souffle.
« A l'époque, on nous regardait comme des bêtes curieuses. Au premier prix pédestre de Vouziers, il y avait même des gamins qui nous lançaient des cailloux ».
En 40 ans de pratique, Jean-Marie Laforêt a vu la discipline évoluée à grandes foulées. Il est rentré dans la course par le biais d'un centre d'initiation sportive. Le coureur s'inscrit en club en 1967, à l'Étoile Bleue de Vouziers. Avant cela, il pratiquait une course d'un autre genre.
« Je suis fils d'agriculteur. Je courais plutôt derrière les vaches » plaisante ce jeune prof à la retraite.
« A l'époque, il n'y avait pas d'entraîneur » précise-t-il. Pas de chaussures adaptées non plus.
« On courait avec des baskets normales. En 1976, j'ai couru mon premier marathon avec de bonnes chaussures ».
 

50 à 60 km par semaine

Depuis, Jean-Marie n'a jamais arrêté de courir. Il avale 50 à 60 km à pied par semaine.
Selon ses calculs, il affiche environ 100.000 km au compteur. Pourquoi est-il devenu adepte de la course ? « D'abord, c'est une sorte de régime constant. Je peux bien manger, bien vivre, sans problème de santé ».
Tout jeune, sa grand-mère lui répétait : « Tu vas te faire mourir ! ».
Jean-Marie Laforêt est convaincu du contraire. « Je suis pourtant asthmatique, et je n'ai jamais eu de problème » annonce-t-il. Bien dans son corps, bien dans sa tête. Il partage ce constat : « Courir procure un bien-être. C'est fou comme les cellules fonctionnent à plein régime. On pense à des tas de choses ».
La course est essentielle à l'équilibre de cet habitant de Fontenois, un hameau de Saint-Pierremont.
Il a convaincu toute sa famille. Ses filles et sa femme courent à petite dose. Ses deux fils sont en revanche des mordus. L'un deux, plus axé sur la compétition, vit aux États-Unis : il est champion de Caroline du Nord.

1h28 en 1975

Aujourd'hui, Jean-Marie s'élancera pour la 34e fois sur le parcours du 86e Sedan-Charleville, « la course la plus conviviale » parmi celles auxquelles il participe.
Sa meilleure performance ? 1h28, c'était en 1975. « A l'époque, 24 km, c'était une distance importante ». Il y avait peu de marathons. Peu de courses, d'une manière générale. Et encore moins de plans d'entraînement. Jean-Marie court « à la sensation ». Aujourd'hui, il pense effectuer la course en 2 heures, environ. Il ne recherche plus la performance.
Mais pas question de quitter pour autant son club. Il souhaiterait d'ailleurs voir plus de jeunes inscrits. Selon lui, la course prend une dimension collective en club. Il apprécie de se retrouver pour courir avec ses amis de La Macérienne.
« On peut discuter en courant », nous apprend-il. Difficile à imaginer vu de l'extérieur étant donné l'effort à fournir. D'après Jean-Marie, de plus en plus de courses ont un aspect « un peu kermesse », avec des coureurs déguisés, des coureurs occasionnels. Peut-être. mais ce n'est pas le premier clown venu qui est capable d'avaler des dizaines de kilomètres à pied.



D'une histoire à l'autre

L'Ardennais du dimanche 1er octobre 2006 - Sylvain Pohu.
 
En 85 éditions, le centenaire Sedan-Charleville en a connu des histoires et des péripéties.Sélection.

Roger Germain - La mémoire du SC
30 septembre 1906Première édition de l'épreuve organisée par « le Petit Ardennais » et strictement réservée aux gens habitant dans les Ardennes. L'arrivée est jugée au niveau du journal Cours d'Orléans, l'ancienne appellation du Cours Briand. 230 francs de l'époque sont attribués aux prix. Le vainqueur, Lucien Daix de Wadlincourt, reçoit 50 francs.
27 septembre 1908Les athlètes des départements limitrophes (Aisne, Marne et Meuse) sont autorisés à prendre le départ.

La chasse au record

1909 et 1910
Pour remplacer Sedan-Charleville dans sa forme coutumière, les organisateurs lancent l'idée de tentatives de record. Les concurrents qui le souhaitaient pouvaient le tenter, sans limite d'essais.
Il suffisait de prévenir les organisateurs cinq jours à l'avance afin qu'un service officiel de chronométrage puisse être établi. Les tentatives n'avaient lieu que le dimanche. Le détenteur du record au 31 décembre touchait 75 francs.
En 1909, Lucien Daix le portait à 1h25 et
En 1910, René Loupot à 1h24.
Dimanche 8 juin 1919
Pour la reprise après la première guerre mondiale, ils sont huit à rallier l'arrivée et à signer la feuille de contrôle.
Dimanche 4 octobre 1925
Après cinq minutes de course seulement, un passage à niveau est fermé. Le train de marchandises nargue les coureurs qui restent à l'arrêt deux minutes exactement, chrono en main.
A 16h10, l'arrivée de Gaudfrin est annoncée. Le Cours d'Orléans est noir de monde. L'affluence est d'ailleurs telle que la ligne d'arrivée est avancée, les temps étant pris en face de la Banque de France.
Dimanche 2 octobre 1927
La foule est une nouvelle fois au rendez-vous. L'arrivée est jugée au pont de chemin de fer, les coureurs ayant été avertis au départ.
En 1928 et 1929, c'est la même chose.
Dimanche 1er octobre 1933
Le Rémois Robert Arnold, vainqueur en 1932, abandonne à Dom-le-Mesnil.
A l'arrivée, il répond ceci à un journaliste :
« à la suite d'un déraillement du côté de La Ferté-Milon, le train de Paris a eu plus d'une heure de retard à Charleville et, donc, au lieu de gagner tranquillement Sedan en train, je suis venu dans une voiture qui m'a tellement secoué que j'en ai éprouvé un malaise dont je ne me suis pas remis tout à fait ».

Dimanche 12 octobre 1947
En raison de la destruction du pont d'Arches pendant la guerre, l'arrivée se situe au niveau de l'hôtel de ville de Mézières.

Première arrivée au Petit-Bois

Dimanche 17 octobre 1948
Pour la première fois, les coureurs arrivent au stade du Petit-Bois. La prime au vainqueur est offerte par l'Etoile de Mézières.
Dimanche 16 octobre 1949
Pour la première fois, un classement vétérans hommes est établi.
Dimanche 15 octobre 1950
Partie quinze minutes avant le peloton, la Mohonnaise Raymonde Gillet, souriante et courant facilement, étonne le public et n'est revue qu'à l'entrée de Villers-Semeuse. En revanche, il lui faut trente-cinq minutes pour rallier le stade de Charleville.
Dimanche 6 octobre 1957L'épreuve est inscrite au calendrier officiel de la FFA. Certains coureurs de l'US Métro, affiliés à la FSGT, se voient refuser le départ.
Dimanche 12 octobre 1969
Karel Lismont, junior belge, peut finalement courir car espoir première année en France et remporte la course. Par la suite, il devient champion d'Europe et médaillé d'argent olympique de marathon.

Jazy abandonne

Dimanche 11 octobre 1970
Pour la 50e édition, Michel Jazy est invité par L'Ardennais. 50.000 spectateurs sont massés le long de la route sous un soleil radieux.
A court d'entraînement et victime de crampes, le recordman du monde du 2.000 et 3.000 mètres doit arrêter à l'entrée de Flize. Il est déjà 17e à la sortie de Donchery.
Dimanche 12 octobre 1975
Les femmes sont accueillies pour la première fois. Elles sont quatre à terminer. Danièle Brouart, prof d'EPS à Arras, prend la 201e place en 1h46'20.
Dimanche 7 octobre 1979
Le comédien Michel Leroyer termine 239e en 1h48.
Dimanche 5 octobre 1982
Adrien Ymeret, le vainqueur belge, déclare :
« Je me suis fait naturaliser Belge car je n'aime pas les Français ».
Dimanche 2 octobre 1983
La course est ouverte aux non-licenciés.
1992Dernière victoire européenne avec l'Ukrainien Oleg Syrojejko en 1h15'04. Depuis une quinzaine d'années, les Africains dominent.



Supporters, êtes-vous là ?

L'Ardennais du lundi 2 octobre 2006 - Ph.M.
 
Pas de Sedan-Charleville sans ces milliers de supporters massés au bord des route ou en haut du cours Briand. Petites phrases pour grands efforts.
« BEN ! regarde un peu celui-là : pas une goutte de sueur. C'est pas comme l'autre, là-bas, y fait des moulinets avec ses bras, j'ai peur qu'il n'arrive pas au Petit-Bois ».
Plus de 4.000 coureurs, hier, sur les 23 kilomètres et quelque qui séparent Sedan de Charleville. Mais combien de supporters ?
Pour répondre à la question, pas la peine de s'adresser à la billetterie, y'en n'a pas, le spectacle n'est joué qu'une fois par an, mais il est gratuit, toujours renouvelé, jamais tout à fait le même scénario. Un même décor, soit, mais un générique en mutation perpétuelle.
Et le long des routes bordées de pâtures, comme des rues aux trottoirs bien balayés, des cousins ou des amis venus encourager un(e) des leurs, un(e) collègue de travail, un(e) camarade de classe, un(e) fiancé(e), parfois.
Tout Ardennais qui se respecte a toujours une connaissance au départ de la grande course !
Face au anciens cinémas des Clubs, hier, un supporter belge avait même déployé une banderole rouge du plus bel effet. Pour encourager les athlètes venus de Chimay. Et tant pis pour la loi Evin.
Nous, on l'a joué plus modeste. Ben quoi, c'est pas parce qu'on est journaliste qu'on pourrait pas encourager un confrère, non ?
Sur la vitrine de la rédaction, on a placardé une petite affiche.
« Allez Sylvain ! ».
Pis on a attendu. Comme tout le monde. On sait qu'il est rapide, le bonhomme, alors on n'a pas eu à trop patienter.
Sylvain Pohu, qui travaille au service des sports, comme de bien entendu, est passé vers 15h20.Il termine 37ème en 1h28'20.
A peine marqué par l'effort, notre copain. La classe, quoi.
Mais bon, s'il tirait la langue, c'était pas pour faire l'espiègle.
On l'a applaudi, on s'est promis de lui faire une bise.

Notre Sedan-Charleville était déjà fini, ou presque. On est rentrés dans les bureaux, mais, pendant des heures encore, on a entendu le public, le vrai, continuer à applaudir jusqu'à ce que le dernier des héros du jour ait enfin franchi le pont des Deux-Villes.
Bravo les gars !



Les médaillés de la ville

L'Ardennais du lundi 2 octobre 2006 - Ph.M.
 
« Si Sedan-Charleville n'existait pas, il faudrait l'inventer ! C'est un évènement à part, et son histoire est vraiment liée à celle des Ardennes. Une histoire de famille aussi, dont on se transmet la passion de génération en génération. Les valeurs de Sedan-Charleville sont celles des Ardennais : ténacité et solidarité ».
Propos de Claudine Ledoux, qui recevait, samedi, les organisateurs de Sedan-Charleville en mairie. Un moment convivial qui fut aussi l'occasion d'honorer quatre « serviteurs » fidèles de cette course légendaire qui contribue au rayonnement du département et de son chef-lieu.

Le maire a ainsi remis la médaille d'honneur de la ville à Jean-Marie Baudoin, président de l'association Courir en Ardenne, et artisan de longue date de la cause du sport et de la jeunesse.
Ont également été distingués trois athlètes : Corinne Gérard, qui s'est alignée pour la première fois au départ en 1987, et s'est classée première féminine en 1989 et 1990. Elle collectionne 19 participations ; Jean-Claude Boulan, qui s'est engagé ce dimanche pour la 35e fois, et qui toute l'année conjugue, on ne peut mieux, les valeurs olympiques, puisqu'il est gardien du stade Pierre-de-Coubertin ;
Notre ami Robert Cordelette, enfin, qui effectua son premier Sedan-Charleville en 1966 (il en comptabilise désormais 37), et dont on sait qu'il s'est attelé à un sacré challenge, celui d'écrire l'histoire de cette fabuleuse épreuve.



C'est le Tour de France du semi-marathon

L'Ardennais du lundi 2 octobre 2006.
 
Le bonheur de courir ensemble. Depuis cent ans qu'il existe, le semi-marathon Sedan-Charleville n'a pas pris une seule ride. Pour s'en convaincre, il suffisait de se presser hier place Alsace-Lorraine.
4.150 coureurs inscrits au départ de cette centième édition du Sedan Charleville. Record absolu depuis sa création (86 éditions). Une course à laquelle tout semi-marathonien qui se respecte se doit de participer. Ambiance sympa en prime.
 

Bruno Dessi qui arbore un maillot humoristique et son ami Pierre Soyer sont venus de Troyes pour s'aligner sur l'avenue Philippoteaux. Ils ont découvert la course voici quatre ans. Le semi marathon, c'est leur passion : ils ont couru celui des Terrils, de Berlin, de Paris. « Mais Sedan Charleville, on peut le comparer dans la spécialité, au Tour de France ».
L'ami Robert Cordelette, avait lui aussi, revêtu le dossard. Entre lui et cette course mythique, c'est une sorte d'idylle sportive. Robert a couru 120.000 km (trois fois le tour de la terre), participé à 2.000 compétitions, dont 37 éditions de Sedan-Charleville. A 68 ans, il ne va sans doute pas finir derrière le premier Kenyan, mais tout de même. Chapeau !

Les femmes et les enfants.

Tandis que l'école de musique du pays sedanais offrait une aubade sur la place d'Alsace Lorraine, les écoliers de Vouziers, de Bellevue et du Fond de Givonne, impeccables dans leurs tee-shirts blancs ont trotté jusqu'à la bretelle de l'autoroute, avant de gagner en bus, le pont des Deux villes.
Ces dames aussi ont eu droit à une part du gâteau d'anniversaire. Elles étaient 100, toutes débutantes à s'élancer en quatre relais (Donchery, Nouvion, Villers-Semeuse et le Petit Bois) jusqu'à Charleville-Mézières.
Comme chaque année, les coureurs de PSA Citroën, de Gaz de France étaient en nombre sous la banderole. Tout comme les voisins belges, qui, pour rien au monde, ne rateraient une édition du Sedan Charleville. A noter aussi le fort contingent rémois.
Aucune festivité n'a marqué le départ sedanais de ce centième anniversaire. Une fête, il convient de le souligner financièrement et matériellement soutenue par les deux villes, et qui, note Dominique Billaudelle, se suffit à elle-même. Ce qui est vrai.
Le bonheur de courir, ensemble. Tout simplement.
La magie du Sedan Charleville.




Un centenaire, ça s'arrose !

L'Ardennais du lundi 2 octobre 2006 - Cédric Goure.
 
Surplombant le macadam humide, le chiffre cent s'élève dans le ciel mâchuré de Donchery. Un siècle d'existence, le bel âge. La doyenne des courses pédestres françaises n'a pas pris une ride. Plus de 4.000 engagés, 3.795 arrivants, un record mythique pour une épreuve légendaire.
 

« Un grand merci au public ardennais, il n'y a qu'ici qu'on voit une telle ambiance. Comme beaucoup d'expatriés, j'ai pris beaucoup de plaisir à revenir », s'extasie Jacques Lelong (22e), originaire de Wasigny, exilé à Créteil.
Lancée par l'opération « Cent débutantes pour les cent ans de Sedan-Charleville », Audrey Jacquemin (23 ans) a été émerveillée par l'engouement des spectateurs tout au long des 6 kilomètres de relais. « Au départ, je devais m'arrêter à Donchery, mais j'ai également effectué la dernière portion, s'enthousiasme la Carolomacérienne. Je ne suis pas licenciée, mais l'année prochaine, je me lance sur les 24,3 kilomètres ».
Une rose à la main, Charlotte Filiasse (20 ans) acquiesce. Licenciée à Nouvion-sur-Meuse, elle a relié Donchery à Dom-le-Mesnil. « Les encouragements des spectateurs nous portent tellement qu'on accélère progressivement. Nous sommes fières d'être arrivées au bout », raconte la Sapognarde.
 

Mionnet, star anonyme

Avec un temps largement inférieur à deux heures, Cédric Mionnet fend les anonymes. Poliment, les coureurs du dimanche viennent féliciter l'ancienne idole d'Emile-Albeau. Autant pour sa performance que pour ses exploits passés.
« Je me suis inscrit samedi à 18h30 ! Une course de 24,3 km, je n'avais aucune idée de ce que cela représentait, car je n'avais aucun entraînement. Sans le soutien d'autres concurrents et du public, j'aurais fait le dernier quart d'heure dans le bus. Mais quand je suis entré dans le stade, j'ai cherché à grappiller quelques places dès lors que j'ai compris qu'il n'y avait qu'un tour et non deux à effectuer. J'ai retrouvé des sensations similaires au foot. Vivement l'année prochaine ! », s'exclame le nouveau Directeur du service des sports du Conseil Général des Ardennes.
Il fallait voir la foule à Donchery, à Flize, aux Ayvelles ou au stade du Petit-Bois pour mesurer l'indéfectible popularité du premier rendez-vous pédestre automnal.

L'obsession de Foughali

« L'ambiance est incomparable. Il n'existe pas forcément d'enjeu, mais lorsqu'on est Ardennais, participer n'est pas seulement un plaisir, c'est aussi un besoin », avoue Mehdi Chenah (GRAC).
Tee-shirt à l'effigie de Maurice Brasseur, Zouhir Foughali a couru en hommage à son ancien entraîneur, disparu au milieu de l'été. « En arrivant à Mohon, je me suis senti chez moi. J'ai vraiment hâte de gagner pour succéder à Raymond Janssen, le seul Ardennais ayant remporté cette course », explique le premier régional, 9e.
Quarante-huit ans que le public attend ça.



Les Kenyans évidemment !

L'Ardennais du lundi 2 octobre 2006 - Nicolas Roy.

Six au départ, autant à l'arrivée aux premières places ! L'hégémonie kenyanne a, une nouvelle fois, marqué la doyenne des ville à ville. Une domination sans partage.
« D'habitude, il y a toujours un ou deux qui décrochent sur la fin mais là il n'y avait rien à faire », lançait Alexandre Krestianinov. Pourtant, en compagnie de l'Ukraïnien Sergueï Zatchepa et Eric Houppin (CAP 21), le Russe du Cateau tenait sa place parmi les échappés partis dès la sortie de Sedan dans le sillage du
« TGV kenyan ».
Mais après 4km, sous l'impulsion de Kipruto et Kibor, les hommes des hauts plateaux lâchaient un par un la poignée de coureurs qui osaient résister. « De toute façon, il est inutile d'user des cartouches à ce moment-là », précisait l'Ardennais Philippe Deville concentré derrière à 1'30 (au bout de 8km) dans la lutte pour les lauriers des vétérans.
« Je ne pouvais pas les suivre. J'ai un rythme régulier, il m'était impossible de répondre aux accélérations. J'essayais de tenir en espérant profiter d'une ou deux défaillances devant pour me placer », racontait Krestianinov. En vain. Le Russe comme Zatchepa devant lui, et Houppin derrière, étaient condamnés à vivre les trois quarts du parcours en solo.
Zouhir Foughali, l'ancien Rémois de l'EFSRA, tentait quant à lui de revenir sur Houppin. L'actuel licencié du VGA Compiègne parvenait à ses fins et devançait le coureur de Cap 21 de 9 secondes à l'arrivée.
Derrière Philippe Deville organisait patiemment sa stratégie de conquête du titre en V1.A la lutte sur les deux tiers du parcours avec Ali El Kharrat (Chartres) et Didier Idziak (Marquette), l'Ardennais obtenait le dernier mot : « J'avais de superbes sensations. Je n'ai jamais souffert et pu conserver un rythme relativement soutenu, autour de 3'15 au kilo. Sur le papier, ils étaient plus forts que moi. Je les ai usés au train », déclarait le premier régional que l'on pourrait retrouver dans quinze jours au départ du marathon de Reims.

Deville et Flotté se distinguent

Sur la planète kenyanne, l'heure vérité a sonné - comme souvent - sur la côte de Villers-Semeuse.
Le groupe de six avait vécu. Dans l'ordre, Kipruto, Kanda et Yego quittaient Kibor, Chesire et Kipkosgei. Plus tard au stade du Petit-Bois, on retrouvait le tiercé gagnant mais dans le désordre avec Kanda pour couper le fil devant Yego puis Kipruto dans sa foulée. Avec un chrono d'1h14'10, le lauréat des cent ans a fait mieux que son compatriote Tum l'an passé (1h16'02) mais restait loin encore de Julius Ondiéké, recordman de l'épreuve (1h11'46).
Finalement, seule Noémie Flotté (AS Sommer) est parvenue à faire jeu égal avec les Kenyans. Toujours dans les pas d'Eunice Orwaru et Elizabeth Chelagat, elle a cédé face à la dernière dans les ultimes kilomètres. Deuxième, Noémie Flotté a réalisé sa meilleure « perf » sur le Sedan-Charleville.
« Je suis très satisfaite d'autant que la saison sur route a été assez courte. Je n'avais pas une grosse préparation. Je suis partie moins vite que l'an passé mais mon temps est presque aussi bon : 1h29'53 », soit deux heures avant « l'anonyme » ardennais Denis Toupet, 3795e et dernier arrivé.



En questions...

Jean-Marie Baudoin (Organisateur de Sedan-Charleville)

L'Ardennais du mardi 3 octobre 2006 - Recueilli par C.G.
 
Jean-Marie Baudoin, quel bilan dressez-vous du centenaire de Sedan-Charleville ?
« Il est très satisfaisant. Nous avons reçu près de 4.100 inscriptions pour prés de 3.800 arrivants, sans compter les handisports. Avec une température clémente, la foule est venue aussi nombreuse que d'habitude.
Pour l'instant, je n 'ai obtenu que des compliments. Grâce à l'équipe de bénévoles et le soutien des collectivités locales, nous avons organisé une belle fête ».
Comment avez-vous trouvé la course ?
« Les performances de Noémie Flotté et Philippe Deville m'ont comblé. J'espère que l'engouement populaire survivra au centenaire. Nous avions consenti de gros efforts financiers en doublant notre budget. Nous allons repartir à zéro ».
Avec quelque 4.000 engagés, l'épreuve a-t-elle atteint ses limites ?
« J'appréhendais de passer de 3200 inscrits à plus de 4.000. Mais comme nous avions briefé tout le monde, tout s'est bien passé. De la distribution des dossards à la circulation des bus. je n'ai reçu que des échos favorables.
Les juges-arbitres ont été surpris par l'enthousiasme, notamment des coureurs. Certains ont comparé le cours Briand à l'Alpe d'Huez !Je crois néanmoins que, avec 4.000 participants, nous avons atteint un seuil ».



Le courage des handisports

L'Ardennais du vendredi 6 octobre 2006 - Robert CORDELETTE.  

HOMOLOGUÉS

1. Jurgen De Nève (Charleville-Mézières) 1h05
2. Grégory Forster (DDJS 08) 1h36
3. Alain Lefèvre (GMF) 2h52

HANDBIKES

1. Régis Noël (La Palais) 56'18
2. Luc François (Sopaic) 1h04
3. Francis Chaumont (Dulauroy-Zimmer) 1h07

Peu avant l'envolée des quelque 4.000 pédestrians, une demi-douzaine d'handicapés se sont alignés sur les 24,3 km de la doyenne des classiques françaises.



Les femmes ont tenu le pavé

Recueilli par Sylvain Pohu.
 


Pour fêter le centenaire de la doyenne française des courses de ville à ville, l'association organisatrice Courir en Antenne, en collaboration avec la Ligue Champagne-Antenne, avait lancé l'opération « Cent débutantes pour les 100 ans de Sedan-Charleville » qui consistait à faire couvrir les 24,3km du parcours à cent nouvelles licenciées en relais de six kilomètres.
Le projet élaboré par Benjamin Oury (EFSRA) et Annie Gabrel (FJEP Attigny) a abouti avec réussite.


Licenciés : 80 sur 100

Annie Gabrel, quel premier bilan tirez-vous de l'opération ?
« Très satisfaisant. Toutes ont été au bout. Une anecdote : une qui avait quelques difficultés sur la fin, Cours-Briand, a été attendue par trois autres partenaires et elles ont fini main dans la main. Et à l'arrivée sur la piste du stade du Petit-Bois, ça a été une belle première ».
Le pari était de compter cent nouvelles licenciées. A-t-il été tenu?
« Nous n'avons pas totalement réussi de ce côté-là. 80 sur 100 ont pris une licence. Nous aurions souhaité plus. Mais, certaines nous ont dit qu'elles voulaient attendre encore un peu ».
La formule sera-t-elle reconduite l'année prochaine ?
« Peut-être sous une autre forme. Il faut varier. Car, si elle reste en l'état, l'engouement ne sera pas le même. Pourquoi pas des relais mixtes garçons-filles pour rebooster le projet ou courir par profession. Nous sommes à la recherche d'idées ».

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